Arkema recule pour mieux sauter

jeudi 4 mars 2010, par Karim Boudehane Envoyez l'article par e-mail : Envoyez cet article par e-mail

Le numéro 1 de la chimie en France, Arkema, a présenté, le 4 mars 2010, ses résultats 2009. Malgré un chiffre d’affaires en recul de plus de 20 %, Thierry Le Hénaff, son PDG, préfère voir le potentiel de croissance de ses actifs.

À en croire Thierry Le Henaff, PDG d’Arkema, le numéro 1 de la chimie française résiste bien à la crise et devrait profiter d’un potentiel de rebond pour augmenter sensiblement son résultat brut d’exploitation [1], qui atteint 310 millions d’euros (M€), en 2009, contre 498 M€, en 2008. Les observateurs, plus terre à terre, affichent leur pessimisme, si l’on en juge par la contre-performance boursière du titre à l’annonce de ces résultats, le 4 mars 2010 : – 4,3 %.

Moins de vinyliques. Objectivement, les chiffres sont mauvais. En 2009, le groupe enregistre un recul du chiffre d’affaires (CA) de 21,1 %, à 4,44 milliards d’euros (Mrds €), pour un résultat net également en recul, avec des pertes de 172 M€ (contre un gain de 100 M€ en 2008). À y regarder de plus près, le second semestre 2009 est meilleur que le premier, et le flux de trésorerie dégagée à la fin 2009 atteint 228 M€. C’est cette tendance que retient Thierry Le Hénaff. La crise qui a touché la construction a entraîné le recul très net des vinyliques, dont le CA dépasse tout juste le milliard d’euros, contre 1,44 Mrd €, en 2008. Numéro 3 du polychlorure de vinyle (PVC) en Europe, Arkema était particulièrement exposé à ce retournement. D’où la stratégie annoncée, à l’horizon 2014, consistant à ramener à 14 % la part des vinyliques, contre 21 % à l’heure actuelle. « Nous avons cédé pour 70 M€ d’actifs dans ce domaine, en 2009 », détaille Thierry Le Hénaff. Les acryliques et les produits de revêtement, en revanche, seront renforcés, passant de 17 à 20 % du portefeuille d’activités.

La taxe carbone accusée. Le rachat, pour 50 M$ (36,58 M€), des actifs acryliques de l’américain Dow est par ailleurs jugé judicieux par le PDG d’Arkema, néanmoins tenu par des accords de confidentialité : « Cela nous a réservé de plutôt bonnes surprises. » L’autre pari concerne les produits de hautes performances (les polymères fluorés pour le filtrage de l’eau, le polyéthercétonecétone – PEKK) et les énergies renouvelables, en particulier le photovoltaïque. Au chapitre environnement, le PDG d’Arkema accueille fraîchement la taxe carbone, accusée de brider la compétitivité au moment où il s’agit de « faire face à une forte concurrence dans le photovoltaïque ». Thierry Le Hénaff ajoute : « Nous avons besoin de temps pour nous adapter, sans quoi les conséquences pourraient être catastrophiques pour l’emploi en France. Il faut veiller à ne pas appliquer de double peine aux industriels, entre la taxe carbone et les quotas européens d’émission. »

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Notes

[1] Revenu avant intérêts, impôts, dotations aux amortissements et provisions sur immobilisations, ou Ebitda (Earnings before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization)

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