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Des perspectives d’avenir pour la plasturgie

jeudi 28 novembre 2019, par Bakhta JOMNI

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La conférence annuelle organisée par Plastiques & Caoutchoucs Magazine s’est tenue le 21 novembre à Paris.

« Plastique : au delà du débat politique, quelles réponses concrètes des industriels ? » Telle était la question posée à l’occasion de la neuvième Conférence de la Plasturgie organisée par Plastiques & Caoutchoucs Magazine le 21 novembre à Paris en plein examen de la Loi Economie circulaire (LEC) en commission à l’Assemblée nationale.

Alors que le plastic bashing fait rage, les professionnels présents lors de l’événement ont pu échanger sur leurs difficultés, mettre à jour leurs connaissances règlementaires, découvrir les initiatives de leurs confrères, ou différentes innovations pour intégrer davantage de recyclé dans leurs produits.

La journée s’est ouverte sur une intervention de Benoît Renauld, directeur général France et Benelux de Werner & Mertz qui utilise des emballages entièrement fabriqués à partir de plastique recyclé. Elle s’est achevée sur la solution de recyclage enzymatique de Carbios présentée par son directeur général, Jean-Claude Lumaret. Ce procédé permet de retransformer les polymères en monomères et de faciliter ainsi le recyclage des plastiques. Une réponse accessible dès aujourd’hui utilisant le recyclage mécanique pour le premier. De belles perspectives d’avenir grâce au second.

Un exemple pour la profession

Benoît Renauld a donc présenté à l’auditoire la démarche de son entreprise. Le groupe familial allemand spécialisé dans les produits d’entretien écologiques à travers sa marque Frosch (Rainett en France) a mis au point un programme unique en Europe : l’intégration de 100 % de plastique recyclé dans ses emballages en PET et PEHD. L’ensemble des contenants proposés sont également entièrement recyclables. L’entreprise a intégré la philosophie cradle to cradle (du berceau au berceau) dans son mode de production industrielle. « C’est une démarche progressive qui s’inspire de la nature et recherche une empreinte positive de l’activité humaine », précise Benoît Renauld.

L’entreprise intègre donc, à tous les niveaux, de la conception, de la production et de la réutilisation du produit, une forte exigence écologique. « Notre plastique est certifié alimentaire afin de pouvoir être réintégré sans problème dans des boucles de recyclage », poursuit-il. Les bouchons en PP recyclé seront prochainement proposés uniquement en version transparente afin d’en faciliter le recyclage. Courant 2020, les poches utilisées pour les recharges de lessive, seront uniquement fabriquées en monomatériau PEHD, y compris leurs bouchons pour une recyclabilité intégrale. « Nous allons aussi proposer des soudures en PEHD recyclé dans un délai d’un an. Le recyclage passe également par l’étiquette, la colle et le bouchon de nos produits, pas uniquement par nos flacons », a-t-il insisté. Mais, comme cela a été souligné plusieurs fois au cours de la journée, temps politiques et temps industriels ne concordent pas.

Un défaut de dialogue avec les pouvoirs publics

« Faisons en sorte de mettre au sol les armes et de reprendre le dialogue, a déclaré le député écologiste des Bouches-du-Rhône, François-Michel Lambert sur scène estimant que « l’argument rationnel de l’industriel n’est pas toujours audible dans l’hémicycle. Le plastique a une place majeure dans notre société et si nous n’y prenons pas garde, nous allons rentrer dans une chasse au plastique » encore plus radicale et sans nuance. L’élu a proposé un objectif commun à l’horizon 2030 : zéro plastique d’origine fossile. Pour suivre cette trajectoire, il estime nécessaire de miser sur 4 leviers simultanément : la fiscalité, la règlementation, le soutien à la transformation (subventions, prêts) et les changements de compétences et de comportements. Mais l’urgence est avant tout selon lui dans la création d’un espace de dialogue. « Je réitère ma proposition de création d’une agence nationale du plastique », a t-il déclaré. Ses propos ont été appuyés par Nicolas Garnier, délégué général de l’association de collectivités Amorce. « Nous sommes dans un brouhaha complet. Chacun défend ses positions mais il y a peu d’analyse économique et scientifique derrière tout cela », a-t-il regretté. Reprenez les choses en main, il faut que vous proposiez un projet politique aux élus sur les territoires desquels vous travaillez », a-t-il conseillé à l’auditoire.

Avant la remise des trophées du plasturgiste 2019, la matinée s’est achevée avec un focus règlementaire présenté par Thierry Charles, directeur juridique d’Allizé-Plasturgie. Il a retracé l’historique législatif depuis le fameux amendement Lambert de la loi Egalim jusqu’à la LEC. Il a également rappelé l’existence de démarches initiées par la branche pour accompagner les entreprises dans les mutations en cours « Ne sous-estimez pas la RSE. Ce que l’on appelle aussi la soft law n’est pas une obligation mais ne la négligez pas car elle ajoute de la raison d’être à l’entreprise vis-à-vis de ses clients », a conclu Thierry Charles.

Une industrie qui innove

L’après-midi a permis de mettre en avant les initiatives de plusieurs entreprises. La première table-ronde a rassemblé trois donneurs d’ordres, les cafés Legal, le groupe Rocher et Bel représentés respectivement par Frédéric Lenoir, directeur du marché MDD, Hors Domicile et Export, Sophie Marcou, ingénieure Écoconception et Alexandre Vernier, responsable innovation et RSE Emballages. Ils ont présenté leurs réponses et innovations face aux attentes sociétales fortes du moment en matière d’écoconception. Ils ont été suivis à la tribune par Pascal Chabance, directeur des Ventes et du Business development chez Lactips et Patrick Vuillermoz, directeur général de Plastipolis pour aborder la thématique des « bioplastiques ».

Après un rappel utile sur la terminologie, Patrick Vuillermoz a présenté des projets en cours de développement, comme For-Tune, PefPack II, développé avec Toray (Polyéthylène Furanoate ou PEF, synthétisé avec des matières premières 100 % bio-sourcées ) ou encore le projet Citruspack pour la revalorisation des déchets d’agrumes. Pascal Chabance a pour sa part présenté Lactips, un matériau à base de caséine de lait, hydrosoluble, barrière au gaz, comestible, imprimable et fonctionnalisable qui peut convenir aussi bien aux process de thermoformage que de fabrication de microbilles ou de films. Un contrat a été signé en juin 2019 avec BASF pour l’enrobage de pastilles de détergents pour lave-vaisselle.

Du côté de l’intégration de matières premières recyclées (MPR), IPC, par la voix de son directeur de la Recherche Gilles Dennler, a dressé un bilan encourageant. Les 15 ateliers MPR organisés sur tout le territoire tout au long de l’année ont rassemblé 350 participants. Polieco France, spécialiste du tube annelé en PEHD intégrant 100 % de recyclé a, par la suite, fait part de son expérience dans le secteur du BTP. Pour un récent chantier faisant appel à ses produits, 7km de tubes annelés ont été utilisés, « soit l’équivalent de 4 500 000 bouteilles recyclées », a précisé Nicolas Vollerin, responsable Technique produits.

La journée s’est achevée avec la présentation très attendue du directeur général de Carbios. « Nous ne pouvons pas vivre sans plastique », a conclu Jean-Claude Lumaret, dans une note d’espoir et d’optimisme, rappelant que le cœur artificiel de Carmat en était notamment constitué.

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