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Expédition 7e continent : à la chasse aux plastiques des océans

vendredi 25 septembre 2015, par Romain Lambic

Les chiffres sont alarmants. En mer Méditerranée, plus de 250 milliards de morceaux de plastique flottent, plus de cinq mille milliards partout sur tous les océans. C’est une pollution réelle mais qui ne se voit pas forcément, s’agissant la plupart du temps de microparticules. L’ONG Expédition 7e Continent est un acteur français de la lutte contre ce fléau.

Expédition 7e Continent est une organisation non-gouvernementale française, qui vise à démontrer l’importance de la pollution des mers et océans, notamment à cause des matières plastiques. Patrick Deixonne, le chef de mission, tente de revêtir le costume du Capitaine Cousteau en partant avec une équipe de scientifiques, de navigateurs et d’un caméraman, à la recherche des lieux de forte concentration de déchets plastiques en mer. En 2014, après une expérience réussie dans le Pacifique nord, l’équipage a tenté d’explorer l’Atlantique nord pour rallier une zone de courants tournants (gyre) où s’accumuleraient de nombreuses microparticules de plastique. Un problème technique à fait tourner court l’aventure, son équipe ayant tout de même décidé d’en faire un reportage.

90 gros déchets croisés en un mois

Ils ont renouvelé l’expérience au printemps 2015 et ont réussi cette fois à aller au bout de leur expédition. Ce mercredi 23 septembre, en collaboration avec l’un de ses partenaires industriels, Suez, l’ONG a organisé une conférence suivie de la projection d’un extrait de leur nouveau documentaire, d’une durée de 17 minutes, sur les recherches menées. Ils ont repêché et analysé des macro et micro-déchets, soit à la main soit par le biais de filets de 300 mirons ou de bouteilles. Rien que sur une journée, ils ont récupéré 14 macro-déchets sur 50 kilomètres, soit trois pièces par km2. Sur l’ensemble de leur voyage, l’équipage affirme avoir croisé 90 macro-plastiques contre 59 groupes d’oiseaux et quatre de cétacés.

Toujours sur une seule journée, l’équipe a notamment relevé 821 milligrammes de plastiques, divisés en 274 morceaux et 32 fils. Avec ce relevé, ils estiment que la présence de micro-plastiques sur 1km2 dépasse les 200 000 morceaux. Le constat est donc le suivant : la pollution de l’océan par la matière plastique est dû à de très petits morceaux, parfois nanométriques, que certains poissons consommés ingèrent. Le chef d’expédition, Patrick Deixonne, fait de l’emballage l’une des principales causes de cette pollution. Il explique également que la plupart des déchets plastiques en océan sont des polyéthylènes téréphtalates (PET, à 80%). Tous les déchets plastiques que l’équipage a récupéré durant son voyage a été envoyé dans différents laboratoires pour des analyses poussées.

Cyril Fraissinet, directeur général adjoint des activités recyclage et valorisation de Suez, en a profité pour mettre en lumière des propositions pour limiter le rejet de plastique dans les océans. Parmi les projets qui ont été lancés, un outil de tri sélectif de bouteilles plastiques contre des coupons à utiliser sur Internet. Lancé en 2013, ce projet a permis de récolter un million de bouteilles selon Cyril Fraissinet.

Une application pour détecter les déchets sauvages terrestres

De son côté, Expédition 7e Continent organise régulièrement des actions pédagogiques, notamment auprès des enfants. Mais l’ONG vient aussi de lancer une application mobile, permettant à son utilisateur de localiser et signaler des zones de déchets plastiques, les données étant envoyées par la suite à des associations qui viennent nettoyer le lieu.

Si cela paraît compliqué de pouvoir venir à bout de tous les déchets plastiques flottant sur les océans, Expédition 7e Continent tente de provoquer des prises de conscience pour limiter au maximum le rejet sauvage d’emballages, de sacs, de bouteilles ou de tout autre sorte de plastique.

Du côté des industriels, la prise de conscience a déjà eu lieu. En 2014, PlasticsEurope a établi un programme à l’échelle mondiale, divisé en trois actions majeures. Mettre en place un groupe de travail sur les micro-plastiques, interdire la mise en décharge des plastiques (ce que l’Europe pourrait faire d’ici 2025) et sensibiliser le grand public. Plastics Europe a également mis en place le programme Clean Sweep, visant à alerter les industriels du secteur sur la perte des granulés plastiques, qui peuvent à terme se retrouver dans les océans.

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