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Fin de partie pour Sidrep

mardi 3 décembre 2019

Le spécialiste du recyclage des bouteilles en PET a été liquidé au mois de novembre.

C’est fini pour la Société industrielle de recyclage et de production (Sidrep) implantée en Martinique. En juin 2019, Emballages Magazine avait signalé que l’entreprise spécialisée dans le recyclage des bouteilles en polyéthylène téréphtalate (PET) était en redressement judiciaire depuis mai 2019. La liquidation est survenue le 28 novembre. Pour Christian Torres, l’explication de cet échec est simple : évoquant « des résultats absolument minables, environ 10% de plastiques collectés, contre 55% dans l’Hexagone », le fondateur alertait depuis plus de quatre ans « sur le mauvais résultat que donne la collecte sélective dans les départements d’outre-mer : la Martinique, la Guadeloupe et la Guyane aussi ». Et le concours de Citeo n’y aura rien fait : « Malheureusement les quantités de matières premières ne sont pas suffisantes. La performance de tri en Martinique, Guadeloupe et Guyane était d’environ 800 tonnes à la création de Sidrep. Elle est aujourd’hui de 1 200 tonnes. Ça progresse, mais pas autant qu’il le faudrait », concède Philippe Moccand, le directeur des outre-mer de la société agréée pour la valorisation des emballages et papiers ménagers au titre de la responsabilité élargie des producteurs (REP).

600 000 euros

À l’heure de la transition écologique, le dossier a été suivi de près par le préfet de Martinique et la collectivité territoriale de l’île. En 2018, avait été envisagé de faire venir des bouteilles collectées sur l’île voisine de Sainte-Lucie, ancienne colonie britannique. Mais pour Christian Torres, cela n’aurait de toute façon pas suffi : « La liquidation était la seule option possible. L’usine ne pouvait pas continuer à perdre 600 000 euros par an ». Secrétaire général de la préfecture de Martinique, Antoine Poussier estime pourtant « possible » de trouver en Martinique « une solution pérenne de traitement des bouteilles en plastique ». Et d’expliquer : « Le tri progresse de 2 à 3% chaque année. On travaille avec les collectivités locales pour améliorer tri et collecte. Faut-il se calquer sur le modèle métropolitain ? Est-ce qu’on a aux Antilles les mêmes moyens de communication ? Pas sûr. Une des voies possibles pour encourager le tri, c’est la consigne. »

Consigne

La consigne ? Christian Torres y voyait une vraie piste. Porté par Brune Poirson, secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire, le projet de loi antigaspillage pour une économie circulaire (Lec) arrive à l’Assemblée nationale en ce mois de décembre. Quel sort lui sera réservé ? Alors que le président de la République Emmanuel Macron et le Premier ministre ont choisi de soutenir les maires dans leur refus de ce dispositif, partisans et opposants n’ont pas dit leur dernier mot. Le 28 novembre, les membres de la Commission du développement durable ont réussi à voter successivement pour et contre la consigne pour recyclage des bouteilles en plastique. Quant à l’organisation non gouvernementale (ONG) Zero Waste, elle prévoit une action de soutien du réemploi du verre consigné le 3 décembre devant l’Assemblée nationale.

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