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Gaillon victime de la stratégie de Vitasheet

vendredi 13 février 2015, par Alexandre Couto

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Le producteur de semi-produits, situé dans le département du Rhône, va arrêter sa production. Une décision qui interroge les salariés du site sur les motivations de sa maison mère Vitasheet.

C’est un triste début d’année pour les salariés de l’extrudeur de semi-produits Gaillon. La production du site rhônais de Saint-Georges-de-Reneins, spécialisé dans les plaques en plastiques et propriété du groupe Vitasheet, lui-même dans le giron du fonds allemand Dubag, va être arrêtée, avec pour conséquence le licenciement de 58 des 68 salariés de la société. La nouvelle a été annoncée, le 30 janvier 2015, aux représentants du personnels lors d’un comité d’entreprise extraordinaire. « Pour le groupe Vitasheet, l’objectif est de conserver une antenne commerciale en France et de répartir la production sur les sites allemands et italiens », soulignent les membres du comité d’entreprise de Gaillon. C’est en mai 2014, que British Vita a cédé sa filiale Vitasheet au fonds d’investissements Dubag Plastics Holding, entité spécialement créée pour cette transaction.

Pas de recherche de repreneur. L’opération, qui devait à l’époque assurer la pérennité du site, s’apparente pour les salariés davantage à un calcul pour préserver les intérêts du groupe British Vita. « Dubag n’a eu aucune stratégie pour améliorer la santé financière de Vitasheet, qui peut aujourd’hui commencer à licencier, fermer des sites et optimiser la rentabilité du groupe pour le revendre en encaissant une plus value, dénonce le comité d’entreprise de Gaillon dans un communiqué. Si British Vita avait fermé elle-même Gaillon, le coût aurait été très important avec des millions d’euros d’indemnités et l’obligation, selon la loi s’appliquant aux entreprises de plus de 1.000 salariés, de revitaliser le site, avec la recherche d’un repreneur. » Or, Vitasheet ne représente que 630 employés. « Dubag et Vitasheet n’ont aucune obligation pour conserver l’emploi, ce qui est déplorable car nous avons reçu une offre de reprise intéressante émanant d’un ancienne directrice du site Ingrid Johanis. Elle propose de conserver 85 % des effectifs de Gaillon. Mais Vitasheet semble plus intéressé par transférer les commandes vers les autres sites du groupe. »

Un site rentable. Pour les salariés de l’entreprise de Saint-Georges-de-Reneis, qui ont une moyenne d’ancienneté de dix-sept ans, l’arrêt de la production est d’autant plus incompréhensible que le site est estimé rentable, malgré des situations de surcapacités du groupe à l’échelle européenne. Il reste jusqu’au 30 mars 2015 aux partenaires sociaux pour négocier au mieux les licenciements. Plusieurs actions de protestations des salariés sur les conditions de cette fermeture sont prévues. Avec une capacité de production de 9.900 tonnes par an, Gaillon est l’un des derniers producteurs de plaques à façon pour le thermoformage en France. Il a réalisé, en 2014, un chiffre d’affaires de 14 millions d’euros. En décembre 2014, Vitasheet avait cédé l’activité thermoformage de Gaillon au groupe Plastiformage.

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