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Importation de déchets plastiques : la Malaisie dit stop

jeudi 6 juin 2019, par Romain Lambic

Suite au blocus de la Chine, plusieurs pays d’Asie du Sud-Est font face à un flux important de déchets plastique difficilement recyclables venus d’Occident.

« La Malaisie ne sera pas la décharge du monde ». Les propos rapportés par plusieurs médias de Yeo Bee Yin, ministre en charge de l’énergie, de l’environnement et des sciences du pays, ont le mérite d’être clairs. Suite à la décision prise en 2018 par la Chine de bloquer l’importation de déchets venus du monde entier, plusieurs pays d’Asie du Sud-Est s’étaient positionnés sur ce créneau. Or, de plus en plus renoncent. La Malaisie, qui a vu l’importation de plastique tripler sur son territoire depuis 2016 pour atteindre 870 000 tonnes en 2018, a annoncé par la voie de sa ministre le renvoi de 450 tonnes de déchets plastiques contaminés. Ils proviennent notamment d’Australie, d’Arabie Saoudite, du Bangladesh, du Canada, de Chine, des États-Unis ou encore du Japon.

« Nous exhortons les pays développés à cesser d’expédier leurs déchets dans notre pays. […] Nous les retournerons sans pitié à leur pays d’origine », déclare Yao Bee Yin. L’un des principaux problèmes rencontrés par la Malaisie avec cet afflux est l’ouverture de nombreuses usines de retraitement illégales et polluantes, dans un laps de temps très court. Arnaud Brunet, directeur général du Bureau international du recyclage, reconnaît que certains pays asiatiques « ont été dépassés » par la quantité de plastiques contaminés, parfois importés illégalement. La Thaïlande a également pris des mesures pour limiter l’importation de déchets plastique. « Certains pays deviennent malheureusement d’un coup les nouvelles décharges du monde, les nations les plus pauvres vont absorber les déchets pour lesquels elles touchent des revenus, mais subissent un coût environnemental et social », constate Vincent Aurez, expert Développement durable du cabinet EY.

Cela pose un nouveau problème pour les pays occidentaux souhaitant exporter leurs déchets plastique difficilement recyclables et dont les débouchés locaux manquent. Pour éviter l’incinération ou la mise en décharge, il faut « investir dans la recherche et le développement pour avoir des processus de tri plus fins, plus efficaces, afin de gagner en qualité et d’atteindre des niveaux acceptables dans certains pays », appuie Arnaud Brunet. Pour rappel, selon un rapport de PlasticsEurope, la production mondiale de plastiques est de 359 millions de tonnes en 2018.

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