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L’Ademe remet en cause le sac compostable pour fruits et légumes

lundi 18 novembre 2019, par Tiziano Polito

Afin de réduire l’impact sur l’environnement et les risques d’abandon, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie estime qu’il vaudrait mieux privilégier les poches réutilisables et rendre payants tous les sacs à usage unique.

En 2016, la loi de transition énergétique pour la croissance verte, portée par l’alors ministre de l’Environnement Ségolène Royal, mettait fin à la mise à disposition à titre gratuit ou onéreux des sacs en polyéthylène (PE) à usage unique au rayon fruits et légumes afin de réduire les pollutions. Ceux-ci ont été remplacés par des sacs biosourcés compostables à domicile et par des sacs en papier. Quatre ans plus tard, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) publie un avis qui remet en cause cette stratégie. Afin de réduire l’impact environnemental et les risques d’abandon, l’organisme recommande en effet de privilégier les sacs réutilisables en plastique – dont l’épaisseur est supérieure à 50 µm – ou ceux en tissu, et de maximiser leur réemploi, une dizaine de fois au minimum.

Rendre payants les sacs

Pour y parvenir, l’Ademe, préconise de rendre payants tous les sacs, y compris donc les sacs pour fruits et légumes en plastique compostables ou ceux en papier, aujourd’hui gratuits. L’agence constate que le terme biodégradable parfois apposé sur ces emballages est « mal appréhendé » par le public qui considère pouvoir jeter ces articles dans l’environnement sans conséquences, d’où le conseil de le supprimer afin d’éviter toute confusion. Enfin, après avoir étudié les composts issus des sacs compostables à domicile, l’organisme note que des morceaux de plastique inférieurs à 5 mm sont encore présents douze mois après en compostage domestique et six mois après en compostage industriel, ce qui le conduit à solliciter la réalisation de nouvelles études. L’impact de l’étiquette collée sur lesdits sacs reste lui aussi à évaluer.

L’avis du club Bio-plastiques

Le club Bio-plastiques, qui représente la filière française des solutions biosourcées et compostables, accueille plutôt favorablement sa publication. L’organisme professionnel émet toutefois deux réserves. La première concerne le nombre de réutilisations effectives des sacs qui, comme ceux en coton ou en plastique épais, sont destinés à accomplir plusieurs boucles au cours de leur existence. Pour mémoire, l’Ademe prône de maximiser l’emploi de ces emballages qui, au-delà d’un nombre minimal de réutilisations – 40 pour un sac coton, 8 pour la version plastique – présentent un bilan environnemental plus favorable. Or, s’interroge le club : « Ce nombre d’utilisations pourra-t-il être réaliste dans la pratique pour le grand public ? » La deuxième réserve concerne la recommandation de l’Ademe de rendre payants les sacs pour fruits et légumes, y compris s’ils sont en plastique biosourcé et compostables : « Ceci ferait payer aux Français plusieurs centaines de millions d’euros pour une écologie punitive qui pénaliserait les ménages et le développement de la filière de compostage » indique l’association professionnelle.

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