L’accès au crédit des PME reste problématique
mercredi 27 janvier 2010, par Karim Boudehane
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Alors que 72 % des chefs d’entreprises français se déclarent « inquiets » à l’égard de la crise, la baisse du chiffre d’affaires reste leur principale difficulté, estiment 58 % d’entre eux. Ce sont les enseignements du dernier baromètre Ifop [1]. Si l’inquiétude a baissé par rapport à février 2009 – le chiffre était alors à 87 % –, les difficultés demeurent : ils sont 44 % à déclarer restreindre leurs demandes de crédit d’investissements (ils étaient 40 % en septembre 2009), 50 % si l’on considère les entreprises de 20 à 50 salariés. Cette autocensure explique-t-elle la baisse du nombre de recours au médiateur du crédit, qui passe de 1.600 dossiers, en février 2009, à moins de 650, en décembre ? De fait, les conditions d’attribution du crédit sont jugées draconiennes : 79 % des sondés considèrent que la crise a contribué de façon importante à durcir l’accès au crédit. Ils sont 60 % à déclarer avoir au moins un besoin de financement (68 % en septembre 2009), et 59 % à avoir besoin d’un crédit pour le remplacement ou l’entretien de l’exploitation (49 % en septembre 2009). Pour 48 % des sondés, la banque accepte de financer après avoir demandé d’autres financements ou des garanties ; 42 % indiquent qu’elle finance à des taux élevés ou à des montants plus faibles que souhaités ; enfin, 30 % estiment que la banque finance après des délais trop longs.
Assouplissements. Devant ces difficultés, Baudouin Prot, président de la Fédération française des banques et directeur général de BNP Paribas, annonce qu’il assouplira les conditions de financement en réduisant les délais d’attribution « à environ une quinzaine de jours, grâce à un dispositif qui sera mis en place au niveau de chaque banque ». L’organisme d’aide à l’innovation Oséo participe à l’effort en garantissant, à hauteur de 100 millions d’euros, les besoins de financement des PME à deux ans, avec un plafonnement de 50 à 70 % des fonds demandés et un délai de réponse de cinq jours. Dans ces conditions, l’annonce de la création d’une banque de l’industrie par Christian Estrosi, ministre de l’Industrie, a été fraîchement accueillie par Baudouin Prot, qui estime l’initiative superflue : « Les banques jouent leur rôle », se défend-il. Il insiste sur le fait que les crédits aux TPE et aux PME indépendantes sont en hausse de 1,8 % de novembre 2008 à novembre 2009.
Notes
[1] Étude réalisée par l’Ifop pour KPMG et la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME) auprès d’un échantillon de 402 dirigeants d’entreprise, représentant des entreprises française de 10 à 500 salariés, entre le 6 et le 12 janvier 2010.
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