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L’enzyme du PET nourrit le débat

vendredi 20 avril 2018, par Henri Saporta

Carbios revendique l’antériorité de ses travaux dans le recyclage enzymatique du polyéthylène téréphtalate.

Carbios n’a pas manqué de réagir à la publication des chercheurs américains et britanniques qui ont mis au point par hasard une mutation de PETase, une enzyme qui dégrade le polyéthylène téréphtalate (PET). Largement reprise à la télévision, la radio et dans la presse écrite, l’information du 16 avril a connu un beau succès médiatique. “L’utilisation d’enzymes pour la dégradation des plastiques ne constitue pas une nouveauté”, indique néanmoins l’entreprise française qui revendique une première mondiale avec “des performances bien supérieures à celles annoncées par ces chercheurs”. Soit une dégradation à 97% du PET en 24 heures. Fondé en 2011, le spécialiste de la chimie verte dit associer, dans le domaine du recyclage des plastiques, “les biotechnologies à la plasturgie pour développer une approche innovante basée sur l’utilisation d’enzymes pour repenser le cycle de vie du plastique”. Et d’indiquer : “L’utilisation d’enzymes dans le domaine de la plasturgie est une première mondiale et cette approche constitue une vraie rupture technologique pour répondre à la fois au défi environnemental majeur de la pollution par les plastiques ainsi qu’aux nouveaux enjeux liés à leur utilisation”. L’enzyme développée par Carbios avec White Biotechnology (TWB) dégrade le PET dans ses monomères d’origine que sont l’acide téréphtalique (PTA) et le monoéthylène glycol (MEG).

Démonstrateur

Interrogé par le quotidien Libération, Jean-François Ghiglione, du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), se montre très mesuré : “Ces travaux font avancer la recherche fondamentale dans ce domaine, mais on ne résoudra pas le problème de la pollution par les plastiques avec ces seuls résultats.” D’autres experts s’alarment du message très ambigu adressé aux consommateurs ou reprennent à leur compte la chronique matinale de Tanguy Pastureau sur France Inter, le 19 avril : “C’est affreux, car l’homme (…) se décharge de tout en se disant qu’il y a une solution" en jetant "sa bouteille de soda dans la nature (…). La science est une plaie, elle nous conforte dans nos comportements égoïstes, on peut tout faire parce que les enzymes passent derrière nous (…) ». Du côté des recycleurs et des producteurs de PET recyclé apte au contact alimentaire direct (rPET), on attend avec curiosité, sinon scepticisme, que le recyclage enzymatique fasse ses preuves industrielles… Carbios prévoit un démonstrateur en 2019 et une industrialisation en 2021 tandis que les chercheurs britanniques et américains n’en sont qu’au stade de l’éprouvette.

PETase

Lundi 16 avril, des scientifiques de l’université britannique de Portsmouth au Royaume-Uni et du Laboratoire national des énergies renouvelables du ministère américain à l’Énergie (NREL) aux États-Unis ont publié dans les comptes-rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS) la découverte d’une variante d’une enzyme baptisée PETase qui dégrade le PET. Une avancée présentée comme un moyen de résoudre la pollution des océans. En avril 2017, Federica Bertocchini, chercheuse au Centre espagnol de la recherche nationale (CSIC), avait indiqué que la chenille de la fausse teigne de la cire (Galleria mellonella), un papillon très répandu, montrait de l’appétit pour le polyéthylène (PE). Les résultats ont été rapidement remis en cause...

Tri

Grâce au tri à la source et aux collectes sélectives pilotés par Citeo, l’organisme agréé pour la valorisation des emballages ménagers et des papiers, cinq bouteilles et flacons en PET et en polyéthylène haute densité (PEhd) sur dix sont aujourd’hui triés et recyclés en France.

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