Lanxess, cinq ans contre vents et marées
mardi 2 février 2010, par Karim Boudehane
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Lanxess revient de loin. Après cinq ans d’existence au 31 janvier 2010 (la date anniversaire retenue est celle de son entrée en bourse), le principal producteur mondial de caoutchouc synthétique a épongé ses dettes et survécu à la plus grave crise économique mondiale. Sa genèse réelle date de novembre 2003, et la marque Lanxess, mot-valise formé de to launch (lancer, en anglais) et de success (succès) a vu le jour en mars 2004. Son indépendance vis-à-vis de Bayer acquise, le groupe doit faire face à 1,5 milliard d’euros de dettes. La presse de l’époque (dont le Financial Times) ne parie pas 1 euro sur la nouvelle entité. Celle-ci entame une stratégie d’optimisation des structures de l’entreprise. Les dix-sept business units (unités économiques) en deviennent treize, les dettes sont épongées par la cession d’actifs, et le groupe parvient même à sortir de la crise en limitant la casse. Ses revenus avant intérêts, impôts, dotations aux amortissements et provisions sur immobilisations (Ebitda, Earnings before Interest, Taxes, Depreciation, and Amortization) devraient atteindre 420 millions (M) d’euros en 2009 (520 M€ en 2008), mais le groupe est en ligne avec ses concurrents en compétitivité.
Croissance exceptionnelle. Après cette remise à plat, Lanxess se lance dans plusieurs acquisitions ciblées : Petroflex (caoutchouc synthétique), au Brésil, ou Gwalior (chimie), en Inde. Enfin, le portefeuille de produits Lanxess a été orienté, au cours de ces cinq ans, vers des produits à haute valeur ajoutée. Une centaine de projets de développement sont en cours. Avec une marge Ebitda passée de 6,6 %, en 2004, à 11 %, en 2008, Lanxess se distingue par une croissance exceptionnelle en temps de crise. Malgré le manque de visibilité, le groupe poursuit ses investissements, en particulier en Asie, avec une nouvelle usine de caoutchouc synthétique à Singapour d’un coût de 400 M€. Le groupe se veut également en pointe dans le domaine de l’environnement et de la sécurité : les sites de Port-Jérôme (Seine-Maritime) et de La Wantzenau (Bas-Rhin) consacrent respectivement 6 et 5,5 M€ à l’élimination des solvants dans l’air et au retraitement des eaux usées, soit 30 à 40 % de leurs investissements.
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