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Le Pacte européen veut maîtriser l’usage des plastiques

lundi 16 mars 2020, par Bakhta JOMNI

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Le Pacte plastiques européen a été signé le 6 mars par plusieurs pays, entreprises et ONG.

« En adoptant la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, la France a fixé dans le marbre une date butoir pour mettre fin à l’usage de tous les plastiques à usage unique. (…). En étant aux avant-postes de ce Pacte plastiques européen, nous impulsons un rythme pour toutes les politiques publiques que nous souhaitons voir se déployer rapidement au sein de toute l’Union européenne  », a déclaré Brune Poirson, secrétaire d’État à la Transition écologique à l’issue de la signature du Pacte plastiques européen le 6 mars par 14 pays et 40 entreprises. Carrefour, Auchan, Suez, Veolia, Nestlé, Bonduelle, mais également Carbios, Sphere, Faerch, ou encore Citeo, font partie des signataires. L’Oréal et Coca-Cola n’ont en revanche pas signé.

Les signataires se sont engagés, de façon volontaire, sur quatre piliers  : rendre tous les emballages plastique et les produits en plastique à usage unique réutilisables et recyclables d’ici à 2025  ; réduire les produits et emballages plastique vierges d’au moins 20 % (en poids) d’ici à 2025 par rapport à 2017, la moitié (10 %) provenant d’une réduction en valeur absolue de la quantité de plastiques  ; augmenter les capacités de recyclage d’au moins 25 points d’ici à 2025  ; et incorporer au moins 30 % de plastiques recyclés (en poids).

«  Nous n’avons pas été surpris par ce Pacte dont la version nationale a été présentée l’an dernier. Notre première réaction est néanmoins de constater que nous sommes dans une accumulation de textes pas toujours cohérents, entre loi Egalim, loi Économie circulaire, Green deal, etc. ce qui perd un peu de sens  », regrette Jean Martin, délégué général de la Fédération de la plasturgie. «  Ce pacte purement basé sur le volontariat a été signé par de grandes entreprises, mais certaines n’y ont pas adhéré. Il reste très fortement centré sur l’emballage. Ceux qui ont pris des engagements sont essentiellement des metteurs en marché et le pacte ne concerne qu’indirectement les transformateurs  », constate-t-il, estimant que le taux de recyclé de 30 % pourra être applicable plus facilement dans certains segments que dans d’autres.

De son côté, Eric Quenet, directeur général de Plastics Europe pour l’Europe de l’Ouest, souligne que PlasticsEurope a été associé aux discussions en amont du pacte mais que l’organisation a décidé de ne pas le signer. «  Nous préférons d’une part, rester sur les démarches initiées par la Commission Européenne, en particulier la Circular Plastic Alliance. D’autre part, certains points bloquants nous ont empêchés de signer ces engagements, notamment l’objectif quantitatif de réduction des emballages plastique, qui ne peut s’envisager qu’après avoir démontré que les solutions alternatives ont un réel bénéfice environnemental  », explique-t-il. «  De plus, en comparaison avec les objectifs européens, ceux du pacte sont plus restrictifs en termes de dates. Ils visent 2025 là où ils sont plutôt à 2030 pour la Commission Européenne. Enfin, nous estimons que les 30 % d’intégration de matière première recyclée ne sont pas réalisables sous un délai aussi bref car il faut à la fois disposer de la ressource plastique disponible, mais également des moyens de la traiter. Ensuite et surtout, de la possibilité d’avoir accès au contact alimentaire qui représente aujourd’hui près de la moitié des applications de l’emballage plastique. Cette possibilité n’est aujourd’hui autorisée que pour une seule résine et le recyclage chimique qui devrait permettre d’ouvrir cet accès aux autres résines est encore au stade préindustriel  », regrette-t-il, relevant par ailleurs que l’interdiction de mise en décharge des plastiques, qui aurait pu être contenue dans le texte, n’est pas du tout présente. «  Cela est regrettable car les plastiques continueront à être traités comme des déchets et non comme des ressources », conclut-il.

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