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Le gag de François-Michel Lambert

BOUCLE_datearticle(ARTICLES) {id_article} {id_secteur IN 2, 3, 4, 39,40} {0,1}> mercredi 10 octobre 2018, par Henri Saporta

François Guillin dénonce un amendement "ubuesque".

Les oreilles de François-Michel Lambert ont dû siffler le 9 octobre : lors de la conférence de presse annuelle d’Elipso, l’organisation professionnelle des entreprises de l’emballage plastique et souple, il a beaucoup été question de l’amendement du député voté contre toute attente le 14 septembre en seconde lecture du projet de loi agriculture et alimentation dite Egalim. Dans le Code de l’environnement, le texte consolidé devient le suivant : "Au plus tard le 1er janvier 2020, il est mis fin à la mise à disposition des gobelets, verres et assiettes jetables de cuisine pour la table, pailles, couverts, piques à steak, couvercles à verre jetables, plateaux-repas, pots à glace, saladiers, boîtes, et bâtonnets mélangeurs pour boissons en matière plastique, sauf ceux compostables en compostage domestique et constitués, pour tout ou partie, de matières biosourcées".

Adoption accidentelle

Fondateur en 1972 de Guillin emballages qui réalise 600 millions d’euros de chiffre d’affaires dans les barquettes en plastique pour la grande consommation et la restauration collective, François Guillin, vice-président d’Elipso, n’a pas mâché ses mots pour dénoncer un texte “inadmissible”, “totalement invraisemblable”, “ubuesque” ou encore “complètement farfelu” dont l’adoption accidentelle qui relève d’un “gag” crée “une situation terrifiante”. Le constat est sans appel : “On ne peut pas imaginer que cet amendement reste en l’état. Il faut rattraper le gag. C’est pratiquement un quart de l’économie de la plasturgie qui disparaît”, souligne François Guillin.

Économie circulaire

Confronté à une rédaction particulièrement confuse qui rend la définition du périmètre concerné hasardeuse, Elipso estime au minimum à 800 millions d’euros la perte potentielle de chiffre d’affaires et à 2500 les emplois directement menacés. Engagé dans un programme de recyclage des barquettes en polyéthylène téréphtalate (PET) avec Paprec, Guillin souligne que les plasturgistes se sont résolument tournés vers l’économie circulaire et qu’il n’y a pas à ce jour d’alternative crédible au plastique dans la restauration à emporter. “2020, c’est demain. Comment fait-on maintenant ? Ce n’est pas tout d’interdire, il faut des solutions”, plaide Françoise Andrès, présidente d’Elipso. Tandis que les recours juridiques sont lancés, des juristes tentent de déterminer la portée exacte de l’amendement. Un recours porté par des sénateurs de la droite et du centre a été déposé au Conseil constitutionnel. Réponse le 5 novembre.

Cuisines centrales

En ce qui concerne la restauration scolaire et universitaire touchée par un autre amendement relatif à l’interdiction des contenants en plastique, François Guillin conteste avec force la présence de perturbateurs endocriniens dans les barquettes en polypropylène (PP) et dénonce les idées reçues sur les procédés de réchauffage mettant en cause la sécurité sanitaire. En ce qui concerne la réorganisation des flux en liaisons froide ou chaude entre les cuisines centrales et leurs satellites, François Guillin estime que c’est un chantier dont on a peut-être pas encore pris l’exacte mesure tant sur les plans sanitaire, technique et financier que social. Les élus ont du pain sur la planche et ne sont pas sortis de l’auberge.

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