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Le recyclage passe par la case chimie

BOUCLE_datearticle(ARTICLES) {id_article} {id_secteur IN 2, 3, 4, 39,40} {0,1}> vendredi 28 septembre 2018, par Fabian Tubiana

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Les initiatives se multiplient autour du recyclage chimique des plastiques.

Le groupe thaïlandais Indorama Ventures (IVL) et Loop Industries annoncent la création d’une coentreprise à 50/50 pour produire et commercialiser du polyester issu du procédé de recyclage chimique (polymérisation-dépolymérisation) de la jeune pousse canadienne. Cette société devrait commencer à fournir de la résine de polyéthylène téréphtalate recyclé (rPET) et de la fibre de polyester au premier trimestre 2020, dans une usine d’Indorama de la côte Est des États-Unis (Plus d’informations chez nos confrères d’Emballages Magazine).

Développer le recyclage chimique des plastiques. C’est également l’objectif conjoint du néerlandais LyondellBasell et de l’Institut de technologie de Karlsruhe (KIT) en Allemagne qui ont signé en juillet un accord de coopération. Les deux partenaires souhaitent mettre au point une catalyse et un procédé complet qui permettent de revenir aux monomères constituant les plastiques collectés après consommation. L’objectif est de pouvoir polymériser à nouveau ces monomères pour obtenir de nouveaux polymères. LyondellBasell est également engagé, avec Suez, dans le recyclage mécanique de polyoléfines au sein de Quality Circular Polymers (QCP). Selon l’entreprise, le recyclage chimique, présenté comme une technologie complémentaire, est mieux adapté au traitement des multicouches et des complexes.

Encore peu développé, le recyclage chimique présente l’avantage indéniable de permettre la reconstitution des polymères d’origine, bénéficiant des mêmes caractéristiques chimiques et mécaniques. C’est le «  virgin-like  » cher à Suez qui éviterait aux transformateurs d’adapter leur outil industriel. Mais, même si les initiatives et annonces se sont dernièrement multipliées, la route vers l’industrialisation est encore longue.

Enzymes spécifiques

Spécialiste des bioprocédés enzymatiques appliqués aux polymères, Carbios, qui vient de présenter ses résultats semestriels, est l’entreprise la plus avancée dans le domaine. En octobre  2017, la jeune pousse clermontoise créait, en partenariat avec L’Oréal, un consortium pour industrialiser le recyclage chimique des plastiques. Et, en janvier 2018,elle annonçait le lancement de la dernière étape du projet Thanaplast qui lui aura notamment permis de démontrer qu’il est possible de synthétiser des oligomères de polyéthylène téréphtalate (PET) à partir d’acide téréphtalique biorecyclé, puis de produire du PET vierge à partir de bouteilles usagées hydrolysées par voie enzymatique. «  Ce programme de R&D de cinq ans a permis de faire émerger deux voies de valorisation pour la fin de vie des plastiques  : la biodégradation pour les plastiques à base de PLA et le recyclage du PET, le plastique majoritaire de nos bouteilles et barquettes. Des enzymes hautement spécifiques ont été découvertes et optimisées pour permettre leur introduction à très haute température au sein d’un plastique et pour améliorer leur pouvoir catalytique  », indiquait alors Alain Marty, directeur scientifique de l’entreprise. Cet été, Carbios indiquait même être parvenu à convertir 97 % de résines en seulement 16  heures. «  Les cinétiques obtenues vont nous permettre de franchir un nouveau cap en développant un procédé aux performances économiques améliorées  », commentait Alain Marty.

Le polystyrène dans la boucle

Rappelons également l’initiative du spécialiste de l’étanchéité Soprema qui va coupler recyclage mécanique et chimique pour transformer le PET des barquettes en mousse d’isolation pour le bâtiment. Une ligne de régénération qui pourrait atteindre à terme une capacité annuelle de 10 000 tonnes doit être mise en service, fin 2018 en Alsace. «  Les différents tests se sont déroulés avec succès. Les déchets d’emballages en PET sont transformés en polyols utilisés pour la fabrication de mousse d’isolation pour le bâtiment  », détaille le communiqué de l’entreprise. Le projet de R&D est accompagné par Citeo pour les travaux sur la recherche de débouchés et par l’Ademe dans le cadre du programme Investissements d’Avenir.

Le PET et le PLA ne sont cependant pas les seuls candidats au recyclage chimique. À l’échelle européenne, le projet européen Life (2017-2021) PolystyreneLoop connaît des progrès rapides. L’initiative, qui réunit plus de soixante membres de quatorze pays, s’appuie sur le processus de dilution du polystyrène expansé (PSE) Creasolv, développé par CreaCycle et l’institut Fraunhofer.

Au Québec (Canada), la société Polystyvert a inauguré en août à Montréal sa première usine de démonstration de recyclage par dissolution du polystyrène, capable de recycler jusqu’à 600 tonnes annuellement. Le procédé, en instance de brevet, fonctionne à basse température et ne consomme pas d’eau. La start-up avait, avant l’été, noué un partenariat avec la division Polymères de Total et procédé à un tour de table de 11  millions de dollars. Le procédé de Polystyvert est capable de traiter tous les types de polystyrènes, mais son démonstrateur se concentre sur le PSE. Notons, enfin, que ReVital Polymers, Pyrowave et Ineos Styrolution ont, à l’occasion de la réunion ministérielle du G7 de septembre, indiqué unir leur force dans un partenariat stratégique pour «  boucler la boucle du recyclage des emballages en polystyrène à usage unique  ».

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