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Les oxodégradables devant l’Assemblée nationale

vendredi 17 janvier 2014, par Henri Saporta

Souvent présentés comme une alternative écologique au plastique traditionnel, les oxodégradables suscitent le débat.

Député (PS) de la 5e circonscription des Français de l’étranger, Arnaud Leroy a un sérieux doute quant au caractère réellement biodégradable de certains sacs en plastique. Le député, qui s’interroge plus précisément sur les plastiques dits oxodégradables, a déposé une proposition de loi, enregistrée à la présidence de l’Assemblée nationale, le 8 janvier 2014, visant à les interdire, en application du principe de précaution. « Il y a un gros débat sur la biodégradabilité de ces sacs, affirme-t-il. Je demande simplement que soit démontrée l’innocuité de la technique avant la poursuite de la mise sur le marché. »

Pas de « déstructuration moléculaire ». Selon la proposition de loi, qui emploie le terme « oxofragmentable » de préférence à « oxodégradable » ou à « oxobiodégradable », ces plastiques « se désagrègent en fines particules de plastique, le plus souvent du polyéthylène fossile, sans jamais atteindre la déstructuration moléculaire finale qui caractérise la biodégradation ». Par opposition à une matière biodégradable, conforme à la norme NF 13432, issue ou non d’une ressource végétale, comme l’amidon de maïs ou de pomme de terre, une matière oxodégradable est obtenue par l’adjonction aux polymères issus de ressources fossiles ou végétales d’additifs qui entraînent un fractionnement du polymère. Ces additifs perturbent aussi le recyclage des films et les filières de compostage, indique la proposition de loi.

« Manœuvre politique. » L’Association des plastiques oxobiodégradables rejette totalement ces accusations et met en avant d’autres études, dont une de 2011 assurant que 91 % du plastique finit biodégradé dans le sol après vingt-quatre mois, et dénonce « une manœuvre politique et industrielle ». Philippe Michon, qui représente en France la société britannique Symphony Environmental, l’un des principaux fabricants de ces additifs dans le monde, estime que ces plastiques représentent environ 10 % du marché, en France, sous forme de sacs ou de films agricoles. « Leur intérêt est qu’ils ont un faible surcoût par rapport à un sac plastique traditionnel, 10 % à peu près, et le but du jeu est qu’on limite l’influence du plastique abandonné sur l’environnement », affirme-t-il. Alors que l’Union européenne et différents pays dans le monde veulent interdire les sacs en plastique, la biodégradabilité est parfois présentée comme une alternative aux sacs traditionnels.

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