Envoyez l'article par e-mail :

Les plastiques européens face à la mondialisation

vendredi 29 mai 2015, par Alexandre Couto

Le syndicat européen des producteurs de polymères, Plastics Europe, pointe la perte de vitesse spectaculaire de la production de matières plastiques en Europe. Pourtant, la demande progresse.

Avec, en toile de fond, les récentes tensions sur le cours des matières plastiques et les ruptures d’approvisionnements chez les plasturgistes, le syndicat européen représentant les producteurs de polymères, Plastics Europe, a tenu, le 28 mai 2015, sa conférence de presse pour présenter le bilan de la filière. Si la production de plastique a progressé de 3,8 % en volume au niveau mondial pour atteindre 311.000 kilotonnes (kt) en 2014, la filière européenne connaît une perte de vitesse inquiétante. En 2009, le Vieux Continent représentait 25 % de la production mondiale des polymères ; il ne pèse plus aujourd’hui que 19,6 %. « L’augmentation de la production mondiale ne s’est donc pas faite au profit des pays d’Europe », a pointé Michel Loubry, directeur Europe de l’Ouest pour Plastics Europe. En 2014, la part de l’Asie est passée à 47,2 % du marché mondial, notamment grâce à la Chine, qui assure, à elle seule, plus du quart (26,4 %) de la production mondiale. En outre, la nouvelle donne mondiale sur l’accès aux matières premières bon marché, notamment au travers l’exploitation des huiles et gaz de schiste, pénalise fortement la compétitivité européenne.

Des installations à adapter. En 2014, le coût de l’éthylène était de 200 € la tonne au Moyen-orient et de 450 € la tonne aux États-Unis, contre près de 1.000 € la tonne en Europe, et 1200 € la tonne en Asie. Face à ce constat, la Chine va se doter d’installations pour produire des oléfines, notamment à partir de charbon. Les producteurs européens, quant à eux, doivent adapter leur installations pétrochimiques aux nouvelles matières premières, « ce qui a eu pour conséquence la fermeture de capacités de production de polyoléfines », précise Michel Loubry. « Les productions européennes sont tournées vers des matières plus techniques », ajoute-t-il. Principale conséquence de cette nouvelle situation : les cours des matières premières sont de plus en plus décorrélés de ceux du pétrole. Avec la diversification des matières de bases, les marchés de l’éthylène et du propylène sont de moins en moins assujettis au prix du baril. Si Plastics Europe reconnait de « fortes variations ponctuelles » dans les prix de plastiques et des hausses actuelles, l’organisme précise que, sur le long terme, ils demeurent relativement stables. Questionné sur les cas de force majeure, contestés par la plasturgie européenne, Michel Loubry a estimé ne pas pouvoir s’exprimer sur ce point, étant du ressort de la relation du client avec son fournisseur.

Une demande en croissance. En ce qui concerne la demande, elle est en hausse en Europe, avec une augmentation de 3,8 % entre 2013 et 2014. Le secteur de l’emballage reste le plus demandeur en plastiques de commodités, avec 39 % des volumes, suivi par le bâtiment et les travaux publics, à 20 %, l’automobile, à 9 %, les équipements électriques, à 5 %. Le reste (27 %) regroupe des domaines divers, comme les dispositifs médicaux, les plastiques agricoles ou encore les sports et loisirs. La demande française a cru de 2,3 % par rapport à 2013, pour s’établir à 4.600 kt.

Partagez cet article :

Rechercher

offre

Espace publicitaire

Thématiques

Découvrez E-plasturgy

#SOUS_TITRE

www.e-plasturgy.com est la première plate-forme européenne dédiée à la filière plasturgie.

Elle s’appuie sur de nombreux services développés spécifiquement pour les industriels du secteur :

- une lettre d’information électronique ;
- un annuaire de sociétés, de produits et d’équipements : France Plastiques ;
- une place de marché du matériel d’occasion ;
- un service d’offres d’emploi.

Découvrez e-plasturgy !