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Performante mais contestée, l’industrie du plastique

mercredi 20 juin 2018, par Fabian Tubiana

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Comme le montre le bilan 2017 de Plastics Europe, l’industrie du plastique reste très performante. Mais doit faire face à une pression réglementaire et sociétale inédite.

« Non, les plastiques ne sont pas mauvais pour l’environnement. C’est la façon dont sont gérés certains articles en plastique qui peut l’être ». C’est en substance le message qu’a voulu faire passer Hervé Millet, directeur des Affaires techniques et réglementaires de Plastics Europe, à l’occasion de sa conférence de presse annuelle.

L’association qui fédère les producteurs de matières plastiques du continent présentait à Paris les chiffres d’une industrie qui, malgré une pression règlementaire et sociétale sans précèdent, continue de progresser au niveau mondial, européen et hexagonal.

La production mondiale de plastique a ainsi cru de 3,9 % (348 millions de tonnes ou Mt) en 2017. Celle de l’Europe (28 + Suisse et Norvège) est passée de 62,3 Mt en 2016 à 64,4 en 2017, soit une augmentation de 3,4 %. « Depuis 2015, la production européenne ne cesse de progresser », remarque Hervé Millet. Comme au niveau mondial, les deux secteurs porteurs sont ceux des équipements électriques et électroniques et de l’automobile avec des progressions respectives de 6,3 et 4,9 %. La construction est en 3e position avec une croissance de 3,4 %. »

Demande en hausse

Au niveau mondial, les thermoplastiques représentent environ 80 % de la consommation de plastiques. Et les polymères de commodité (PE, PP, PVC, PS et PET), 71 %. Au niveau européen, les polyoléfines (PE et PP) et le PVC représentent 59 % de la demande.

En France, très grande productrice de bouteilles en plastique, c’est le PET qui tient le haut du pavé avec une part de 9,4 %, contre 7,4 en Europe. Logiquement, c’est donc le secteur de l’emballage qui est le plus demandeur de polymères avec une proportion de 45,5 %. Suivent la construction (18,7 %) et l’automobile (10 %).

Le marché hexagonal concentre 10 % de la demande européenne. La reprise y est bien marquée avec une croissance de 7,8 % côté production (contre 3 ,4 % en Europe) et de 4,5 % côté transformation (3,6 % pour le vieux continent). « Difficile de tirer des conclusions sur un an, mais la France semble regagner en compétitivité par rapport à l’Europe. Cette tendance devra être confirmée dans les années à venir », observe le directeur des Affaires techniques et réglementaires.

Notons en outre que la France est exportatrice de matières plastiques avec un solde significatif d’un peu plus d’un million de tonnes (+ 10 % par rapport à 2016). Sans surprise, l’Allemagne reste, devant la Belgique et l’Italie, son partenaire privilégié tant à l’export qu’à l’import. Hors-UE, c’est vers la Turquie que le France exporte le plus.

Engagements volontaires

Production mondiale ou locale, demande par résine et par secteur, export, toutes les données présentées jusqu’ici ne concernent que les matières vierges. « L’industrie du plastique devient de plus en plus circulaire. Les informations sur les niveaux de production et d’utilisation de matière recyclée sont utiles à prendre en compte », note Hervé Millet, rappelant que les producteurs européens doivent présenter leurs engagements volontaires devant l’Europe avant le 30 juin… En 2017, ce sont 3,8 Mt de plastique recyclé qui ont été utilisées en Europe. C’est encore peu – environ 7 % - par rapport au 51,7 Mt de résine vierge avalées dans le même temps. « Il est attendu que ce chiffre progresse dans les années à venir face à la forte attente des pouvoirs publics. L’UE a ainsi fixé un objectif, que nous jugeons très ambitieux, de 10 Mt en 2025 », remarque le représentant des industriels.

L’industrie du plastique est donc économiquement performante. Mais se sent menacée. Car c’est aujourd’hui davantage l’image que renvoie le plastique que les chiffres en eux-mêmes qui peuvent inquiéter. Dans le monde en général, avec la prise de conscience face à la pollution des océans. En Europe en particulier, avec, d’une part, les récentes propositions d’interdiction de certains produits à usage unique et de limitation des contenants alimentaires pour la consommation nomade. Et d’autre part, la volonté d’instaurer une taxe sur les emballages plastique non recyclés. Envisagée pour contrebalancer le coût du Brexit pour l’UE, celle-ci coûterait 1,2 milliards à la France.

En France, enfin, avec des amendements aux loi Elan (logement) et Egalim (alimentation) pour interdire les menuiseries en PVC ou les bouteilles en PET en restauration collective.

Arguments fallacieux

« Il n’est pas question pour Plastics Europe de contester la réalité des défis environnementaux - déchets marins et recyclage insuffisant - en lien avec le plastique, remarque Hervé Millet. Mais de notre point de vue, les solutions envisagées ne sont pas les bonnes. Pour les déchets marins, ce sont à la fois la façon dont les citoyens se débarrassent de leurs détritus et les déficiences en matière de gestion des déchets et de collecte qui sont en cause. »

Et face aux initiatives parlementaires françaises, le représentant des producteurs européens de matières plastiques évoque des « arguments fallacieux » qui « ne tiennent compte ni des législations et règlementations qui pourtant assurent l’innocuité pour le consommateur, ni d’une vision globale des enjeux environnementaux ».

Utilisés dans de nombreux domaines, souvent incontournables du fait de leurs prix et de leurs propriétés de résistance et de légèreté, l’image de l’industrie des plastiques est quoi qu’il en soit écornée. Et devra, pour continuer à afficher de bons résultats, poursuivre ses efforts en matière d’éducation et de communication sur les bénéfices de ses produits et ses actions RSE.

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