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Plastronique : la plasturgie monte en grade

mardi 5 juin 2018, par Plastiques & Caoutchoucs magazine

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Alors qu’Allizé Plasturgie organise ce mardi 5 juin à Lyon une journée de sensibilisation à la plastronique, retour sur cette technologie qui, malgré de timides débuts, devrait voir son développement s’accélérer.

Conférer des fonctions électroniques aux pièces plastique afin de les rendre intelligentes est la vocation première de la plastronique. Toute récente discipline, elle devrait dans les années à venir s’introduire dans des marchés aussi variés que l’automobile, l’aéronautique, la domotique ou le médical et plus largement dans l’industrie avec la multiplication des capteurs de traitement de l’information et la croissance de l’internet des objets (IoT). « Il existe déjà des marchés qui emploient ces solutions, comme l’électronique grand public pour lequel la miniaturisation est un critère important », commente Maël Moguedet, directeur général de Smart Plastic Products (S2P). Novares qui présentait le dernier démonstrateur Nova Car #1, en mars dernier, s’en est justement servi pour mettre au point deux de ses innovations. Touch’N Feel (surface tactile défilant par retour haptique) a été conçu avec la technologie plastronique par électrique imprimée sur film souple et a été intégré à la pièce par surmoulage. Touch’N Play (interface tactile personnalisable intégrée au tableau de bord) a été produite grâce à la plastronique par électronique imprimée sur film souple formé en 3D et intégré à la pièce par surmoulage. « Le film est collé mais sera, à terme, surmoulé », précise-t-on chez Novares.

Conquérir des parts de marché

La plastronique serait ainsi un moyen de répondre à des cahiers des charges latents. « Les constructeurs automobiles l’étudient pour l’intérieur des voitures, pour les consoles centrales, mais aussi pour la sécurité et la sûreté avec des capteurs embarqués. Dans le milieu médical, elle peut se prêter à la conception de Smart Textile pour surveiller l’état de santé », illustre Cécile Venet, responsable de projets Innovation chez Schneider Electric. Et aussi un moyen de conquérir des parts de marché... « Son objectif n’est pas de concurrencer la mécatronique, mais plutôt de la compléter », confirme Cécile Venet. Et si pour l’heure la France ne semble pas avoir pris un train d’avance en la matière, elle pourrait vite inverser la tendance selon Maël Moguedet. « Contrairement à d’autres pays où ce sont plutôt les connecticiens ou les électroniciens qui investissent ces créneaux, en France ce sont les plasturgistes ».

Miniaturisation et design

C’est sans nul doute la miniaturisation, que permet la plastronique, qui contribuera à accélérer son développement. « Elle peut réduire jusqu’à 50 % le volume d’une pièce », met en avant Maël Moguedet. La liberté de design qu’elle confère aussi, octroyant la possibilité d’ajouter des fonctions électroniques dans des endroits non fonctionnels ou sur des formes jusqu’alors inexploitables. C’est justement pour concevoir et réaliser les circuits et composants électroniques autrement, en s’affranchissant des limites planaires du circuit imprimé et au moyen des nouvelles technologies d’impression de matériaux fonctionnels que Schneider Electric et la fondation partenariale Grenoble INP inauguraient en mars 2016 une chaire d’excellence industrielle consacrée à la plastronique (lire PCM n° 936, p. 42). Le faible encombrement et la facilité de montage sont également des arguments en faveur de cette technologie.

Apprécier le coût global

Commercialisées par un nombre restreint d’acteurs, les technologies plastroniques peuvent cependant sembler onéreuses. Apprécier le coût global de l’opération est nécessaire pour juger de leur pertinence. « Il est possible de diminuer le prix d’une pièce de 30 % grâce à la suppression d’étapes d’assemblage, à la réduction de matière … », signale Maël Moguedet. Preuve en est avec l’un de ses applicatifs les plus répandus qui consiste à déporter les antennes de téléphonie mobile depuis la coque de l’appareil. « Les fabricants asiatiques ont recours à la technologie de report direct qui est l’une des plus coûteuses. Avec l’effet volume, ils sont parvenus à diminuer leurs coûts de production », donne en exemple Cécile Venet. Autre barrière à lever, les logiciels de conception électronique ne prévoient pas encore la conception en 3D des circuits. « Il est difficile de lancer un produit en série aujourd’hui car il manque un maillon de la chaîne logiciel », ajoute la responsable Innovation.

Une montée en puissance progressive

Le recours à la plastronique reste encore limité. Mais l’intérêt est bien réel. Comme pour toute nouvelle discipline, il lui a fallu mûrir ses technologies et convaincre les utilisateurs. « Les électroniciens, les mécaniciens et les plasturgistes ont déjà dû apprendre à se comprendre et à communiquer », explique Cécile Venet. Reste à déployer une filière sur le long terme. « La filière française en est encore au stade de pré-série », résume la responsable de Schneider Electric. Dans les deux ans à venir, les produits conçus avec de la plastronique devraient sans doute émerger dans plusieurs secteurs. « Il faut qu’un produit en série sorte sur le sol français pour accélérer le développement de la filière, particulièrement dans le secteur automobile car c’est un marché fortement gouverné par les prix », avance Maël Moguedet. Rappelons-le, cette discipline offre un moyen aux plasturgistes d’ajouter une corde à leur arc et, peut-être aussi, d’asseoir leur position. « Les parties prenantes étant engagées dans une co-conception, les plasturgistes se voient ainsi grimper dans la chaîne de valeur », souligne Maël Moguedet. Il leur faut néanmoins réfléchir à un positionnement solide pour capter le potentiel de ces nouveaux marchés. « Un plasturgiste qui maîtrise la technologie In-Mold peut avoir intérêt à se diriger naturellement vers la technologie In-Mold en plastronique », illustre Cécile Venet. Et à consolider ses acquis en électronique notamment ou, à défaut à opérer des rapprochements.

Fanny Perrin d’Arloz

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