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Pour une nouvelle économie des plastiques

BOUCLE_datearticle(ARTICLES) {id_article} {id_secteur IN 2, 3, 4, 39,40} {0,1}> vendredi 15 décembre 2017, par Fabian Tubiana

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Un séminaire organisé à Bercy a permis de faire le point sur le recyclage des plastiques avant publication de la Stratégie européenne et de la Feuille de route nationale sur le sujet. Les emballages sont en première ligne.

« Nous pouvons créer une nouvelle économie, un monde où chaque produit en plastique a une valeur ». C’est Ellen MacArthur qui a, dans une intervention filmée, ouvert les débats du séminaire « Pour une nouvelle économie des plastiques », organisé ce 13 décembre par les ministères de l’Économie et de la Transition écologique en partenariat avec la Fondation de la navigatrice britannique, un des neuf ambassadeurs de l’économie circulaire désignés par le gouvernement. L’organisation a profité de l’occasion pour présenter une version synthétique – et en langue française - de son rapport « Pour une nouvelle économie des plastiques ». Il est disponible en ligne.

Objectif 100 %

Mais ce séminaire s’inscrivait surtout dans le cadre de l’élaboration de la feuille de route gouvernementale de l’économie circulaire, attendue pour le 1er mars et qui vise le recyclage de 100 % des plastiques en 2025. Entre les interventions d’introduction et de conclusion des deux secrétaires d’État à l’Économie et à la Transition écologique, Delphine Gény-Stephann et Brune Poirson, industriels, associatifs et représentants des pouvoirs publics ont présenté initiatives et pistes de réflexion. « Les grands modèles de consommation atteignent aujourd’hui une asymptote. Depuis trois ans, chez Danone, nous ne considérons plus l’alimentation comme une chaîne de valeur mais comme un cycle. Pour le plastique, le chantier est énorme. C’est une matière dont l’industrie agro-alimentaire aurait du mal à se passer… Nous nous sommes ainsi fixés l’objectif d’avoir un tiers de nos emballages en PET recyclé d’ici à 2025, contre 20 % aujourd’hui. Nous nous sommes par ailleurs alliés à Nestlé pour mettre une bouteille 100 % bio-PET sur le marché en 2020 », a indiqué Emmanuel Faber, Pdg du géant français, également ambassadeur de l’économie circulaire.

Dispositions contraignantes

Avant la feuille de route française, sera publiée la stratégie européenne sur les plastiques. Aurore Maillet, représentante de la Commission a confirmé la date du 16 janvier 2018. « La stratégie européenne sera très ambitieuse. Elle intégrera un volet législatif avec des mesures inédites au niveau mondial et un volet plus politique d’accompagnement des différentes parties prenantes pour avancer en matière d’économie circulaire », a expliqué Aurore Maillet. Ne pouvant dévoiler le contenu précis du texte, la représentante de la Commission européenne s’est contentée des grandes lignes : « la stratégie prévoit des dispositions législatives contraignantes, notamment sur les emballages (le paquet Économie circulaire prévoit 80% de recyclage des déchets d’emballages en 2030, NDLR), des mesures de soutien à la recherche et à l’innovation ou encore des décisions fortes sur les microplastiques… ».

Incitations financières

Stratégie communautaire ou feuille de route nationale, les discussions ont en tous cas permis de mettre en lumière un éventail de mesures qui pourraient y figurer. « Le recyclage du plastique connaît deux ennemis : le responsable de la ligne de fabrication qui ne veut pas en perturber le fonctionnement, et, l’acheteur », a schématisé Nicolas de Warren directeur des Affaires institutionnelles d’Arkema. Dans l’industrie du plastique, l’acheteur considère encore souvent que la matière recyclée doit être moins chère. « Face à la compétitivité de la résine vierge, des incitations sont nécessaires pour accélérer l’utilisation du recyclé. La commande publique peut avoir un rôle à jouer. Il faudrait aussi un taux d’incorporation minimum pour certaines résines ou certains usages. Mais nul doute qu’en termes d’incitations financières, un prix du carbone stable et raisonnable, entre 30 et 40 euros la tonne, rendrait rentables de nombreuses technologies de recyclage », est ainsi intervenu Antoine Frérot, le président de Veolia qui a annoncé cet automne son intention de quintupler d’ci à 2025 son chiffre d’affaires dans le recyclage du plastique. Comme l’a souligné Jean-Charles Caudron de l’Ademe, « c’est la demande avale qui doit désormais tirer tout le processus ».

Qualité « virgin-like »

La qualité technique des matières premières recyclées est l’autre point d’entrée essentiel. « C’est cette qualité qui permettra aux transformateurs d’accepter d’utiliser du recyclé », a affirmé Jean-Marc Boursier, en tant que président de la Fédération européenne des activités de la dépollution et de l’environnement (Fead). Le DGA Groupe en charge de l’activité Recyclage et Valorisation en Europe chez Suez, qui vient de conclure un partenariat avec LyondellBasell pour produire des résines « virgin-like », a également déroulé ses propositions : promouvoir l’éco-conception, incorporation minimum dans les emballages, achat de recyclé obligatoire dans les appels d’offres publics, taux de TVA réduit ou prix du carbone élevé… « Nous avons besoin des propositions des industriels, a encouragé Brune Poirson dans sa conclusion. Le chantier s’annonce difficile. Il est en tous cas clair qu’il faudra mettre en œuvre des outils financiers et fiscaux pour soutenir le recours aux plastiques recyclés. »

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