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Réforme de la formation : les enjeux pour la plasturgie

BOUCLE_datearticle(ARTICLES) {id_article} {id_secteur IN 2, 3, 4, 39,40} {0,1}> vendredi 30 novembre 2018, par Alexane Roupioz

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De l’individualisation du droit à la formation à la libéralisation du marché de l’apprentissage, la loi pour la Liberté de choisir son avenir professionnel soulève des nombreux enjeux pour la plasturgie.

« Jusqu’à présent, aucune réforme n’avait bouleversé à ce point le système de la formation ! » Pour Christophe De Belloy, responsable du pôle Formation d’Allizé Plasturgie, la loi pour la Liberté de choisir son avenir professionnel promulguée le 5 septembre est « une réforme de rupture ». Elle comprend des mesures sur l’élargissement de l’assurance chômage ou encore l’emploi des personnes handicapées, mais elle reforme surtout en profondeur l’apprentissage et la formation professionnelle. Soixante-dix décrets et arrêtés doivent être publiés d’ici à la fin de l’année, et le nouveau système devra être opérationnel à l’horizon 2021. D’ici là, les acteurs devront s’approprier la réforme pour la mettre à exécution. Pour la filière plasturgie, l’enjeu est de taille.

Côté formation professionnelle, la loi va offrir d’avantage d’autonomie aux actifs. Via une application numérique spécifique, le salarié pourra décider seul de son parcours de formation. Ce repositionnement au premier plan du salarié se traduit aussi par un Compte personnel de formation (CPF) rénové et monétisé à hauteur de 500 € par an. « Mettre à disposition du salarié une enveloppe financière pour lui donner les moyens d’être acteur de sa formation, l’objectif est intéressant et ambitieux », souligne Florence Bonnet-Touré, déléguée générale adjointe de la Fédération de la Plasturgie et des Composites. Seulement, dans l’industrie, plus que dans le tertiaire, certaines formations nécessitent de lourds investissements dans des équipements technologiques performants. « Pour les salariés de la plasturgie, il y a un risque de perte de pouvoir d’achat formation », met en garde Bastien Hervé du Penhoat, directeur Formation de la Fédération. Avec un tissu industriel principalement composé de PME et TPE, l’enjeu pour la branche est immense.

Investissement collectif

« Nous allons devoir jouer l’investissement collectif pour maintenir une offre d’excellence sur des formations pointues qui sont le cœur de la compétitivité de nos entreprises », prévient Florence Bonnet-Touré. Pour les industriels, l’individualisation du droit à la formation pourrait s’accompagner d’une perte de capacité à mener une politique d’entreprise en matière de gestion et d’anticipation des compétences. « Pour garder un levier d’action sur ces sujets, les entreprises devront faire prendre conscience aux salariés de leurs propres besoins en compétences », remarque Bastien Hervé du Penhoat.

En revanche, côté apprentissage, la réforme ambitionne de lever les freins spécifiques aux entreprises avec notamment la possibilité pour toutes d’ouvrir un CFA, la mise en place d’un collecteur unique (Urssaf) et la possibilité d’entrer en apprentissage tout au long de l’année. D’un marché régulé par les régions, l’apprentissage passe aux mains des entreprises. « La branche devra accompagner les entreprises pour créer les parcours qui répondront à leurs besoins, et promouvoir les métiers et les formations en expliquant aux jeunes où trouver les contrats d’apprentissage », détaille la déléguée générale adjointe.

France Compétences au cœur du système

Objectif avancé de la réforme, le développement de l’apprentissage passe aussi par la garantie du financement des contrats, une simplification administrative et une plus grande lisibilité de la qualité de l’offre avec une obligation pour les CFA d’afficher le taux de succès aux examens et d’insertion professionnelle de leurs élèves. « Mais derrière la volonté affichée de redonner la main aux branches, il y a une reprise en main de tout le système de la formation par l’État via la création de France Compétences », remarque Bastien Hervé du Penhoat. Au cœur du système, cette nouvelle instance représentant l’État, les régions et les partenaires sociaux aura pour mission de redistribuer les fonds collectés par les Urssaf, de réguler la qualité et les prix des formations, ou encore de gérer le répertoire national des certifications professionnelles. Pour peser dans les discussions face à ce nouvel acteur incontournable, les branches de l’industrie sont amenées à parler d’une même voix.

Un rapport officiel remis à la ministre du Travail préconise de regrouper les secteurs économiques en onze opérateurs de compétences (OPCO), dont l’un consacré à l’industrie, en remplacement des vingt OPCA existants. « Un OPCO unique permettrait à l’industrie d’être plus forte pour répondre à des problématiques communes de recrutement, d’attractivité et de compétences », remarque Florence Bonnet-Touré. Reste à trouver un modèle de gouvernance, une organisation territoriale et un paritarisme permettant à chaque branche de mener à bien sa politique. Et cela avant mars 2019, date à laquelle les OPCO doivent être agréés par l’État.

crédit : Brice Robert

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