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Suez accélère dans les plastiques recyclés

jeudi 23 novembre 2017, par Henri Saporta

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Le géant de l’environnement veut porter sa capacité de traitement de 400 000 à 600 000 tonnes.

L’heure est décidément aux grandes manœuvres dans le recyclage des plastiques. Alors que Veolia a annoncé en octobre vouloir quintupler son chiffre d’affaires dans la production de plastiques recyclés d’ici à 2025 en portant sa collecte de 45 000 tonnes aujourd’hui à 200 000 tonnes en 2025 en France, Suez a pris la parole en novembre pour dévoiler son ambition de passer de 400 000 à 600 000 tonnes de plastiques recyclés. Cette croissance de 50% s’inscrit dans une double actualité : le paquet “économie circulaire” de l’Union européenne prévoit un taux de recyclage 80% pour les emballages en 2030 tandis qu’Emmanuel Macron veut pousser le France bien au-delà avec un objectif de 100% de recyclage des plastiques en 2025. Présent parmi les propositions de campagne de l’actuel président de la République, cet objectif est l’une des mesures spectaculaires de la feuille de route sur l’économie circulaire à paraître en mars 2018. Parmi ses neuf usines européennes spécialisées dans le recyclage des plastiques issus des collectes sélectives, le géant de l’eau et de l’environnement a choisi son unité de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) pour illustrer sa stratégie. Suez RV Plastiques Atlantique affiche actuellement une capacité de 20 000 tonnes dans le traitement des bouteilles en polyéthylène téréphtalate (PET). Les paillettes de PET recyclé sont transformées par les clients en fibres ou en mousses, mais aussi en bouteilles et en films pour l’emballage alimentaire. Dans ce dernier cas, comme l’usine n’est pas équipée en polycondensation pour produire du polyéthylène téréphtalate apte au contact alimentaire (rPET), cette étape est assurée par l’acheteur. Implanté dans les Landes à une quarantaine de kilomètres, Coveris Rigid Soustons (Coveris) est ainsi équipé en polycondensation pour extruder du rPET. Sont fabriqués des barquettes et des couvercles transparents utilisés par l’industrie agroalimentaire et la restauration rapide.

Redevance incitative

Pour Suez, l’usine de Bayonne est un excellent exemple d’économie circulaire locale : la collecte des bouteilles est assurée pour l’essentiel en Nouvelle-Aquitaine tout comme le sont les débouchés. Pour doper le tri à la source, Suez veut diversifier les modes de collecte. Au-delà des actions menées par Citeo, l’éco-organisme issu de la fusion d’Eco-Emballages et Ecofolio, Suez défend le principe de la redevance incitative et soutient les dispositifs innovants de nature à favoriser le geste de tri. C’est pourquoi François Fabiano, séduit par le potentiel des automates de tri du norvégien Tomra, a réussi à convaincre le géant de l’environnement de déployer en France ses kiosques Réco équipés des machines Tomra. Le premier d’une centaine a vu le jour à Saint-Pée-sur-Nivelle (Pyrénées-Atlantiques) en décembre 2013. En constatant que les pays du Nord collectaient beaucoup plus de bouteilles que la France qui stagne à un contenant sur deux depuis plusieurs années, François Fabiano en a déduit que la consigne était le vrai déclencheur. Comme ce système n’existe pas en France actuellement, Réco repose sur le principe du recyclage récompensé (Réco) grâce à une gratification de quelques centimes par emballages rapportés. Des bouteilles en polyéthylène téréphtalate (PET), des canettes ou des briques en fonction des situations… Afin de couvrir tous les besoins, les kiosques Réco se déclinent désormais en version mobile avec les RecyclingVan pour l’événementiel et en RecyclingBox pour les actions ponctuelles.

Choc de la demande

Afin de sécuriser ses débouchés, en particulier dans l’emballage, Suez veut créer “un choc de la demande” et milite en conséquence pour l’instauration d’une taxe à la valeur ajoutée (TVA) minorée pour les produits intégrant des matières recyclées. Suez estime que les gains environnementaux – pression moindre sur les matières vierges, économie d’énergie et réduction des gaz à effet de serre (GES) – ont une valeur marchande. Mille tonnes de plastique recyclé équivalant à 5 barils de pétrole, soit une réduction de 1,6 t de CO2 et 90% d’économie d’énergie. C’est le cheval de bataille d’Olivier Vilcot. Le directeur général de la division en charge du recyclage des plastiques de Suez est vice-président du Syndicat national des régénérateurs de matières plastiques (SRP). Or, grâce à un inventaire du cycle de vie (ICV), l’organisation professionnelle a mis au point des “certificats d’économie carbone” qui indiquent clairement les tonnages de matières premières de recyclage achetées et les gain obtenus en termes d’émissions.

Enjeux gigantesques

Avec le Plast’Lab installé dans les locaux du Centre international de recherche sur l’eau et l’environnement (Cirsee) au Pecq (Yvelines), Suez s’est enfin doté d’un outil de développement de plastiques recyclés aux propriétés équivalentes à celles des matières vierges. Une stratégie baptisée "virgin-like". Les enjeux sont gigantesques : seuls 7% des 50 millions de tonnes de plastiques commercialisées chaque année en Europe sont recyclés. Et les plages de la région sont régulièrement décorées de contenants indésirables. Trier et recycler, c’est aussi éviter les déchets sauvages.

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