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Syndifrais dans la bataille du polystyrène

mercredi 10 avril 2019, par Henri Saporta

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L’organisation professionnelle demande que la consigne de tri passe de « à jeter » à « à trier ».

Lors de son assemblée générale du 5 avril, Syndifrais a choisi, signe des temps, la recyclabilité des emballages comme thème de sa conférence. Le syndicat national des fabricants de produits laitiers frais a signé l’engagement volontaire de réduction le 2 juillet 2018 avec les pouvoirs publics. Étaient à la tribune Bruno Siri, délégué général du Conseil national de l’emballage (CNE), Emmanuel Guichard, délégué général de l’organisation professionnelle de l’emballage plastique et souple (Elipso), Xavier Lefebvre, directeur qualité et sécurité de la Compagnie européenne des applications plastiques (Cedap), Thomas Etien, responsable du développement du recyclage de Citeo, ainsi qu’Éric Janssen pour Danone produits frais France. Baptiste Perrissin-Fabert, directeur de cabinet de Brune Poirson, secrétaire d’État à la transition écologique et solidaire, était excusé.

75 % des volumes

Quelques chiffres pour poser le sujet. Les yaourts pèsent 50 000 tonnes de polystyrène (PS) par an, soit 16 milliards d’unités. Le PS représente 75% des volumes, le solde revenant essentiellement au verre et au carton. Les produits laitiers représentent 40% des débouchés du PS. Sachant qu’étaient triés à l’origine uniquement les bouteilles et flacons en polyéthylène téréphtalate (PET) et en polyéthylène haute densité (PEhd), seuls 30% des Français trient leurs pots aujourd’hui. Tous les consommateurs le feront en 2022 au terme de l’extension des consignes de tri. C’est pourquoi Syndifrais demande d’ores et déjà que la consigne de tri des pots « À jeter » devienne « À trier ». Une demande que Citeo, la société agréée pour la valorisation des emballages et papiers ménagers au titre de la responsabilité élargie des producteurs (REP), juge néanmoins prématurée.

Pas de solution miracle

Au rang des alternatives possibles au PS figurent le polyéthylène téréphtalate (PET), l’acide polylactique (PLA) ou le polypropylène (PP) pour le plastique, le verre et le carton pour les autres matériaux. Une version biosourcée du polystyrène pourrait être dévoilée prochainement. L’outil industriel existant contraint les choix : à côté du modèle dominant des hautes cadences du form-fill-seal (FFS) reposant sur la feuille laitière en PS, le préformé, éventuellement en « wall to wall », s’inscrit dans une toute autre logique. « Pas du tout certain que le verre soit un meilleur matériau pour la planète que le plastique », Jérôme Servières, président de Syndifrais, estime en conséquence qu’il « n’y a pas de solution miracle ».

Afin de garantir l’aptitude au contact alimentaire direct dans le cadre d’une boucle de recyclage fermée, seul le recyclage chimique paraît offrir à ce jour toutes les garanties grâce à la dépolymérisation. Agilyx et Styrenics Circular Solutions (SCS) développent leurs technologies. Total a installé un pilote à Carling (Moselle) en France. Avec le concours de Valorplast, Syndifrais compte fédérer ses travaux au sein de l’appel à projets Recyqualipso. En attendant, Citeo et Syndifrais l’affirment, tous les pots triés sont recyclés dans une autre application que l’emballage alimentaire.

Un contexte morose

Cet engagement pour le recyclage s’inscrit dans un contexte morose. Entre 2018 et 2017, le marché est en baisse en volume de 1,9% à 1,8 million de tonnes et en valeur de 0,2% à 4,7 milliards d’euros. Les produits allégés s’effondrent. Seuls les segments à valeur ajoutée du bio et des laits de brebis et de chèvre progressent fortement (17% en volume). Ces mouvements sont structurels : les consommateurs veulent des produits sains vendus dans des emballages responsables. Le message est très clair.

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