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« Un salon K positif et passionnant »

jeudi 12 décembre 2019, par Fabian Tubiana

Le président de PlasticsEurope, Javier Constante, dresse pour Plastiques & Caoutchoucs Magazine un bilan positif de la K 2019. Il souligne notamment l’engagement de toute la filière plastique pour accélérer le passage à l’économie circulaire.

Quel bilan global tirez-vous de cette édition 2019 de la K ainsi que de l’évènement Plastics Shape the Future ?

J’ai participé à de nombreuses éditions du salon K et, pour moi, le cru 2019 est le meilleur jusqu’à présent. J’ai été très impressionné par les innovations proposées par un grand nombre d’exposants pour accélérer le passage des plastiques de l’économie linéaire à l’économie circulaire. De nombreuses entreprises ont par exemple montré comment les emballages peuvent être conçus pour être recyclables, de quelle manière intégrer du contenu recyclé et les progrès effectués sur les technologies de tri et de recyclage. J’ai également été très impressionné par l’engagement positif et l’importante participation des visiteurs sur le stand de PlasticsEurope. Ce fut un salon K non seulement très positif, mais aussi passionnant.

PlasticsEurope a publié, à l’occasion de la K, la brochure « Plastics – the Facts 2019 ». Selon vous, quelles sont les principales données chiffrées à retenir ?

En effet, « Plastics - the Facts 2019 » a été lancée à l’occasion du salon. Il s’agit d’une analyse des données relatives à la production, à la demande et à la gestion des déchets plastique. Elle fournit les derniers chiffres sur la production et la demande, les importations et exportations, la valorisation ainsi que l’emploi et le chiffre d’affaires de la filière. En un mot, c’est un aperçu de la contribution de notre industrie à la croissance économique et à la prospérité de l’Europe tout au long du cycle de vie du matériau. En 2018, la filière plastique employait plus de 1,6 million de personnes en Europe et a réalisé un chiffre d’affaires global de plus de 360 milliards d’euros. La collecte des déchets plastique post-consommation est passée de 27,1 millions de tonnes en 2016 à 29,1 millions en 2018 et les quantités destinées au recyclage ont augmenté de près de 12 % pour atteindre plus de 9,4 millions de tonnes. Une tendance qui confirme l’entrée de la filière plastique européenne dans l’économie circulaire. Nous sommes certes sur la bonne voie, mais il est clair que nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir pour atteindre les objectifs de recyclage que nous visons dans le cadre de nos engagements volontaires. Et nous devons définir plus précisément encore quel rôle nous pouvons jouer au regard des objectifs européens.

Le volume de plastiques recyclés a doublé en Europe depuis 2006. Quels sont les engagements et les actions de PlasticsEurope et des producteurs européens de matières plastique pour accélérer cette tendance ?

En 2018, PlasticsEurope a publié ses engagements volontaires Plastics 2030, qui sont les plans de l’industrie pour accélérer la transition vers une économie circulaire. Ils fixent un objectif de 60 % de réutilisation et de recyclage pour tous les emballages plastique d’ici à 2030. Ils prévoient également d’empêcher les fuites de plastique dans l’environnement, d’améliorer l’efficacité de l’utilisation des ressources et la circularité des plastiques et de s’engager, au-delà de l’UE, au niveau international par l’intermédiaire du Conseil mondial des plastiques et de la Global Plastics Alliance. Nous travaillons avec l’ensemble des parties prenantes afin d’améliorer en continu la durabilité des plastiques. Par exemple, Plastics Europe est fier d’être signataire de la Circular Plastics Alliance créée par la Commission européenne et qui a pour objectif d’incorporer 10 Mt de plastiques recyclés dans de nouveaux produits d’ici à 2025. Et ceci ne se fera qu’avec la collaboration de toute la chaîne de valeur. Plusieurs industriels membres de PlasticsEurope ont réalisé des investissements et lancé des partenariats dans le recyclage mécanique et le recyclage chimique. Tous deux sont complémentaires et leur combinaison permet d’intégrer davantage de matériaux recyclés dans les produits, une condition essentielle pour atteindre les objectifs ambitieux que nous nous sommes fixés.

Que pensez-vous de l’explosion des initiatives en matière de recyclage chimique ?

À ce jour, les investissements et les partenariats en matière de recyclage chimique en sont au stade pilote et il faudra du temps pour qu’ils portent leurs fruits. En tant qu’approche complémentaire du recyclage mécanique, le recyclage chimique peut aider à atteindre les objectifs légaux. Il permet en outre de recycler à l’infini les plastiques, la matière obtenue présentant des propriétés similaires aux plastiques vierges. De plus, cela permet d’utiliser de plus en plus de matière recyclée dans des applications exigeantes telles que le contact alimentaire. Comme l’a montré la société de conseil McKinsey dans une étude réalisée en décembre 2018, « 50 % des plastiques dans le monde pourraient être réutilisés ou recyclés d’ici à 2030, soit quatre fois plus qu’aujourd’hui ». Nous pouvons donc affirmer clairement que le recyclage chimique contribuera, en complément du recyclage mécanique, à boucler la boucle pour obtenir un modèle économique circulaire complet.

Vous avez aussi annoncé l’obligation pour les entreprises membres de PlasticsEurope d’adhérer au programme OCS. Pouvez-vous rappeler l’objectif de cette opération et son état d’avancement ?

L’Opération Clean Sweep (OCS) fait partie de l’ADN de PlasticsEurope. Ce programme volontaire vise à éliminer toute perte de granulés dans l’environnement. Soyons clairs, les plastiques n’ont pas leur place dans notre environnement, que ce soit sous la forme de granulés utilisés pour la production de produits ou sous la forme de déchets. Le programme OCS couvre toutes les étapes de l’industrie, de la production à la transformation des granulés, en passant par le transport. Chez PlasticsEurope, nous nous sommes fixé l’objectif de zéro perte de granulés dans l’environnement. Avec 250 nouvelles entreprises adhérentes, dont des transformateurs, des transporteurs et des entreprises de stockage, le nombre de signataires du programme OCS atteignait un total d’environ 500 entreprises dans l’Union européenne en 2018. La récente modification des statuts de notre association fait passer un message fort : elle rend obligatoire l’adhésion de toutes nos sociétés membres au programme OCS d’ici à cette fin 2019, et devient ainsi la première association professionnelle au monde à le faire. PlasticsEurope s’est également engagé à accélérer et à renforcer le programme en travaillant avec la chaîne de valeur au développement d’un système d’évaluation. À l’avenir, les entreprises seront régulièrement auditées par des tiers accrédités afin de démontrer de manière transparente qu’il n’y a aucune fuite de granulés dans l’environnement sur leur site. Nous sommes persuadés qu’il est capital d’appliquer le programme OCS à l’ensemble de la chaîne de valeur des plastiques. Notre rapport OCS 2019, assorti de nouveaux objectifs ambitieux, sera publié au premier trimestre 2020.

Crédit photo : Dow

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