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Caoutchouc : anticiper le rebond

jeudi 17 décembre 2020, par Bakhta JOMNI

La crise sanitaire a modifié les prévisions déjà mauvaises pour l’année 2020. Retrouvez notre classement annuel Top 50 des caoutchoutiers dans notre mensuel de décembre.

Dès la fin de l’année 2019, des craintes avaient été formulées par les professionnels du caoutchouc concernant la situation économique. « Lors d’une réunion organisée le 2 décembre à Bercy avec les acteurs du secteur automobile, les inquiétudes étaient déjà vives. Et puis il y a eu la crise sanitaire », retrace Bruno Muret, directeur Économie et Communication du Syndicat national du caoutchouc et des polymères (SNCP).

Dans la construction automobile, les prévisions à -20 % se sont au final avérées optimistes avec des chiffres atteignant les -40 % en raison des arrêts des chaînes de production. « Les mois de mars, avril et mai ont été très mauvais pour le caoutchouc. En mars, où les usines n’ont quasiment pas tourné, les volumes ont enregistré -46 % et en avril jusqu’à -85 % par rapport à 2019 », précise Bruno Muret. Les trois premiers trimestres ont enregistré -32 % pour le caoutchouc au global, à savoir les pièces automobiles et techniques.

Une économie sous perfusion

Le recul est moindre chez nos voisins européens. La France est nettement en sous-performance. La demande hexagonale est en effet principalement liée au marché de la mobilité, sérieusement affecté par les restrictions de circulation engendrées par la pandémie. Le pays devrait finir l’année avec des reculs sévères entre -25 et -30 %.

« Historiquement, cela n’avait jamais été observé en temps de paix. Il faut remonter à 1940 et 1941 pour retrouver de tels effondrements de la production industrielle », constate Bruno Muret. Il relativise néanmoins, car les pouvoirs publics ont, selon lui, fait preuve d’une excellente réactivité pour absorber le choc. La mise en place d’aides et de plans de soutien rapides ainsi que les mécanismes de chômage partiel ont pu limiter la casse et permis de traverser la période sans catastrophe généralisée.

Dans le secteur du BTP par exemple, le plan sur la rénovation thermique permet de maintenir un pôle de demande soutenu pour les plasturgistes et les caoutchoutiers. Des reculs de -10 à -25 % ont été enregistrés sur tous les marchés concernant le caoutchouc à quelques exceptions près comme dans la santé. Pistons de seringues ou bouchons pharmaceutiques sont par exemple concernés.

« Le caoutchouc médical surperforme depuis des années, mais les barrières réglementaires notamment y sont très importantes et les process sont pratiqués en salles blanches. Très sollicitées par les temps qui courent, les entreprises concernées ne sont en France qu’au nombre de 3 ou 4 », analyse Bruno Muret. À l’autre bout du monde, en revanche, certains chiffres d’affaires explosent grâce à la crise sanitaire. À l’instar des entreprises de gants en caoutchouc situées en Malaisie.

Pour appréhender au mieux l’année 2021, la question qui se pose désormais est celle du rebond à anticiper. « Après une année franchement mauvaise, on ne retrouvera pas les volumes de 2019, tant s’en faut », note Bruno Muret. Une croissance à deux chiffres en 2021 ne devra bercer personne d’illusions et il faudra donc bien veiller à la comparer aux résultats de l’année 2019.

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