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Caoutchouc : les industriels inquiets pour leurs marges

jeudi 2 décembre 2021, par Bakhta JOMNI

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Depuis le début de l’année, le prix des mélanges de caoutchoucs synthétiques a augmenté de 40 %. Ce régime d’hyperinflation et les difficultés rencontrées par les transformateurs pour répercuter ces surcoûts suscitent des craintes pour l’avenir.

Les indices de prix d’achat des caoutchoucs enregistrés par le Syndicat national du caoutchouc et des polymères (SNCP) au quatrième trimestre 2021 pour les gommes brutes et mélanges illustrent les tensions persistantes depuis le début de l’année 2021. Sur les neuf premiers mois, la dérive des prix avoisine les 40 % pour plusieurs types de mélanges de caoutchoucs synthétiques et notamment les plus utilisés : le SBR et l’EPDM. 

“ Les perspectives ne sont pas bonnes. les prix des matières premières sont en forte hausse depuis le début de l’année 2021. Cela risque d’être très compliqué pour les transformateurs, sachant que les répercussions des prix des matières premières ont du mal à se faire. Il s’agit d’un contexte inflationniste de demande supérieure à l’offre. Il y a également eu plusieurs incidents (incendies, inondations dans des sites de production) qui ont pesé sur l’offre”, constate Bruno Muret, directeur Economie et Communication du SNCP.

Des chaînes d’approvisionnement perturbées

Les prix des caoutchoucs naturels ont été fortement impactés par l’envolée du coût des transports maritimes liée à une désorganisation inédite du trafic international. La crise du fret maritime se manifeste par un allongement de la durée de rotation des navires, une congestion dans les ports à l’embarquement et au débarquement et une mauvaise localisation des conteneurs vides. Le prix des mélanges à base de caoutchouc naturel est pour sa part impacté par les hausses des noirs de carbone et celles des plastifiants. À ces surcoûts, il faut ajouter celui de l’énergie...

La situation est difficilement tenable pour les professionnels de la filière caoutchouc, en termes de trésorerie ou de rentabilité, compte tenu des difficultés pour répercuter ces hausses aux clients. Les négociations avec les donneurs d’ordres aboutissent au mieux à des répercussions partielles des surcoûts. L’inquiétude pour les marges est donc vive en cette fin d’année 2021, après un exercice 2020 en berne. “Les transformateurs sont verrouillés par des cahiers des charges et des référencements très stricts qui limitent les marges d’ajustement et les changements des formules utilisées”, remarque Bruno Muret.

L’automobile première monte à la peine

Les fournisseurs de l’automobile sont confrontés, outre la hausse des matières premières, à des baisses de volumes et des prévisionnels de commandes non respectés par les constructeurs. “La pénurie de composants électroniques pénalise le secteur automobile, avec des mouvements de yoyo au niveau des commandes et des arrêts intempestifs de chaînes de production qui complexifient les commandes auprès des fournisseurs de pièces en caoutchouc”, s’alarme Bruno Muret. Ces difficultés sont la conséquence à la fois de la crise persistance des semi-conducteurs et de la transition accélérée vers l’électrique. Conséquence ? “ Des opportunités mais aussi beaucoup de risques, tant en volume qu’en valeur. Dans les véhicules électriques, le besoin en caoutchoucs spécifiques, par exemple pour le transport de fluides, est moindre”, répond Bruno Muret.

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