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Comment IPC teste la recyclabilité des emballages souples

jeudi 7 octobre 2021, par Fabian Tubiana

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Le centre technique et le Cotrep ont récemment inauguré une ligne pilote «  unique en Europe  ».

Le recyclage des emballages souples n’est pas une mince affaire. C’est même un enjeu industriel primordial qu’a évidemment identifié l’Alliance pour les plastiques circulaires qui vient d’allonger la liste des produits polymères dont elle veut s’assurer de la recyclabilité.

Au niveau français, IPC et le Comité technique pour le recyclage des emballages plastique (Cotrep, rassemblant Valorplast, Elipso, Citeo et SRP) ont inauguré le 23 septembre une ligne pilote permettant d’évaluer la recyclabilité des emballages ménagers en plastique, qualifiée «  d’unique en Europe  ». Unique, car elle permet de tester à la fois les emballages souples et rigides et que son process, identique à celui d’une ligne classique, permet l’extrapolation des résultats à l’échelle industrielle.

Six campagnes de tests sont d’ores et déjà programmées. Elles concernent notamment les emballages souples en PE intégrant une barrière EVOH, comme les poches de bag-in-box ; un robinet en plastique rigide, comme sur certains doypack ; du polyamide, matériau très utilisé dans les sachets de gruyère râpé par exemple ; de l’aluminium comme dans les sachets de chips ou des matériaux barrière à l’eau et à l’oxygène innovants, comme le SiOx et le PVOH. «  Ces campagnes de tests seront toutes lancées avant la fin 2021  », assure Jérôme Piéjak, ingénieur en développement des matériaux au sein du centre technique IPC qui pilote l’équipement et qui organisait le 29 septembre dernier, dans ses locaux de Bellignat (Ain) une journée «  Innovez avec l’économie circulaire  » à destination des industriels.

Huit étapes

Le process suit huit étapes : réduction de taille par déchiquetage, lavage par friction et séchage puis analyse des eaux de lavage et du taux d’humidité avant homogénéisation, tri par densité (flottaison) suivi d’un séchage et d’une nouvelle analyse du taux d’humidité, densification, régénération (extrusion avec filtration et granulation), fabrication de tubes et de films par extrusion-gonflage et extrusion au sein du site IPC d’Alençon puis, enfin, caractérisation en laboratoire de ces derniers ainsi que des granulés. «  Afin de procéder à l’évaluation et identifier les différences de comportement des emballages testés, il faut les comparer à une référence. Un film PE post-consommation en l’occurrence  », précise Jérôme Piéjak.

L’emballage à tester est mélangé à différents pourcentages en fonction des recommandations du Cotrep qui évalue au préalable son taux de pénétration dans le flux de déchets national à différentes échéances. «  Le prix de la prestation dépend ainsi notamment du nombre de lots à tester, indiqué donc par le Cotrep, et, par exemple, de la nécessité ou non de tester l’emballage sous forme de tube  », ajoute l’ingénieur en développement des matériaux. Du lancement de l’étude par le Cotrep au rendu de l’avis technique par ce même organisme après rapport d’IPC, l’ensemble du processus prend environ trois mois.

Les metteurs en marché peuvent utiliser la ligne pour tester eux-mêmes leurs emballages. “Les entreprises intéressées peuvent s’adresser à nous. Nous pourrons ensuite les aiguiller vers le Cotrep”, indique Jérôme Piéjak.

D’Aptar à Barbier, de nombreux plasturgistes étaient d’ailleurs présents à la journée technique d’IPC du 29 septembre. “Nous n’avons pas encore fait de demandes pour réaliser des tests sur cette ligne, témoigne ainsi Sami Zakaria, ingénieur R&D chez Leygatech. Nous travaillons en général d’abord avec des industriels partenaires. Ce qui est appréciable avec cette ligne c’est que les essais sont réalisés au vu des taux qui devraient être mis sur le marché. ”

Fabian Tubiana

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