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Fruits et légumes : l’interprofession dénonce un décret “difficilement applicable ”

lundi 3 janvier 2022, par Fabian Tubiana

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Interfel regrette l’absence de concertation préalable et promet expertises et actions juridiques.

Des autocollants pour fruits et légumes qui, certes sont compostables à domicile, mais qui ne collent pas ! Exemple caricatural, mais bien réel, des effets d’un décret rédigé sans véritable consultation de toutes les parties-prenantes ni étude d’impact. Ce décret, c’est celui de la loi Agec du 8 octobre 2021 “relatif à l’obligation de présentation à la vente des fruits et légumes frais non transformés sans conditionnement composé pour tout ou partie de matière plastique” . “Lors des premières discussions avec le gouvernement concernant la loi Agec, il n’était pas question de surpression totale du plastique. L’amendement nous est ensuite tombé dessus. Nous sommes parvenus à repousser l’application de la mesure de début 2021 à début 2022 mais ensuite tout s’est accéléré et nous avons appris la parution du décret dans la presse... Et inévitablement, il y a des trous dans la raquette”, a témoigné, agacé, Daniel Sauvaitre, secrétaire général d’Interfel pour la transition réglementaire, à l’occasion d’une table ronde sur la question, organisée dans le cadre de la conférence de la Plasturgie, à laquelle participait également le député Philippe Bolo et la présidente de Polyvia, Emmanuelle Perdrix.

Au grand désarroi de ses producteurs, la prune a été oubliée, tandis que la question, loin d’être anecdotique, des attaches en caoutchouc pour bottes de radis ou autres plantes aromatique, n’est pas réglée, faute de moyen de substitution viable... “Il a pu manquer un peu d’écoute et d’attention à la réalité du terrain”, renchérit Daniel Sauvaitre, maniant l’art de la litote et craignant que les fruits et légumes frais perdent des positions au profit des produits ultra-transformés.

Dans un communiqué publié le 10 décembre, l’interprofession dénonce ainsi une mesure « peu réaliste et difficilement applicable pour tous les produits concernés dans les délais imposés ». Interfel regrette un accroissement des coûts consécutif à la mise en œuvre d’alternatives actuellement disponibles, soulève la question de l’harmonisation des règles communautaires et se demande pourquoi la filière des fruits et légumes frais ne peut, comme d’autres secteurs, “utiliser le plastique recyclable”.

Et, devant cette “action de pure communication politique qui s’applique de façon arbitraire en priorité à une filière dont la grande majorité des ventes (plus de 65 %) se réalise en vrac ”, l’organisation professionnelle annonce son intention de lancer “à différents niveaux, des expertises et des actions juridiques afin de clarifier et sécuriser les pratiques pour l’ensemble des professionnels”. L’Interprofession mettra également en œuvre “différentes actions afin de s’assurer que cette interdiction n’entrave pas les démarches d’information et de traçabilité des produits de la filière auprès des consommateurs”.

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