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L’emballage rassemblé à Bercy

lundi 20 décembre 2021, par Henri Saporta

Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie, a ouvert le colloque « Emballages et machines : tous ensemble, accélérons la transition ! » le 15 décembre.

Sous le patronage du ministère de l’Économie, des finances et de la relance, le Conseil national de l’emballage (CNE) et le Symop ont organisé une matinée de réflexion sur la transition écologique. -

« Emballages et machines : tous ensemble, accélérons la transition ! » : tel était l’intitulé du colloque qui a réuni, pour la première fois, la filière de l’emballage et du conditionnement le mercredi 15 décembre dans les murs du ministère de l’Economie, des finances et de la relance situé rue de Bercy. Une initiative ancienne - contrariée par la pandémie - notamment portée, avec persévérance, par Michel Fontaine, président du Conseil national de l’emballage (CNE), et Eric Fresnel (Sleever), en charge de l’emballage au sein du Syndicat des machines et technologies de production (Symop). Organisée avec le soutien de nombreux partenaires, à l’image de Citeo, DS Smith, Elipso, Ilec, Serac, Socaps et Thimon, la matinée, sous le signe de l’intelligence collective et du partage d’informations, proposait un condensé saisissant des principaux défis relevés par la grande consommation. Sans entrer dans le détail, il convient de mentionner le contexte réglementaire particulièrement touffus avec notamment la directive européenne relative aux plastiques à usage unique (Sup) et les lois Antigaspillage pour une économie circulaire (Agec) ainsi que Climat et résilience.

Consigne pour recyclage

Arnaud Rolland (Coca-Cola Europacific Partners) a planté le décor en détaillant l’intérêt de la consigne pour recyclage des bouteilles en plastique et des canettes métalliques et pour réemploi en ce qui concerne le verre. Intégration de polyéthylène téréphtalate recyclé (rPET) apte au contact alimentaire, pailles en papier et bouchons attachés en application de la directive Sup ou encore fontaines comme solution pour le vrac : le premier acteur mondial des boissons rafraîchissantes sans alcool (BRSA) est sur tous les fronts. Pour sa part, Pierre Georgeault (Lactalis), sans oublier de signaler que l’emballage demeure le premier moyen de lutter contre le gaspillage, s’est concentré sur les très médiatiques pots de yaourt, la France étant à l’origine du procédé form-fill-seal (FFS) qui repose historiquement sur le polystyrène (PS). Si l’alternative du polyéthylène téréphtalate (PET) est explorée au Royaume-Uni, la France privilégie le recyclage en boucle fermée du PS avec la technologie Pyrowave de Michelin au sein du consortium PS25. Une démarche collective portée par Syndifrais.

Outils de production

Dans le cadre d’un exposé très technique, Brice André et Carol Poltorak (L’Oréal) ont illustré par des exemples les relations étroites entre l’évolution des emballages, les outils de production et les attentes des consommateurs. Avec souvent des conséquences sur le tri et la collecte : le PET opaque est ainsi revenu comme cas d’école d’une innovation technique dans le domaine de la conservation du lait venue perturber les centres de tri. Ancien patron de Suez et auteur du rapport Les déchets en 2040 qui anticipe une croissance de 20% du volume en 20 ans, Jean-Louis Chaussade a affirmé que le lancement de nouveaux produits passe plus que jamais par la concertation. En détaillant les atouts technologiques de la plateforme HolyGrail 2.0, Antoine Bourely (Pellenc ST) estimait d’ailleurs que le marquage par filigrane numérique des matériaux résoudra de nombreux problèmes en matière d’économie circulaire. Et c’est bien l’innovation fédère tous les maillons de la chaîne de valeur. Intelligence artificielle (IA), machines connectées, automatisation, robotisation, traçabilité : la France a de nombreux atouts à faire valoir selon Frédéric Sanchez (Solutions industrie du futur). Les technologies 4.0 irriguent progressivement toutes les strates de la filière de l’emballage et du conditionnement, de la transformation des matières premières au recyclage.

Réactions des consommateurs

Dans son discours d’introduction, Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie, a souligné que les pouvoirs publics avaient parfaitement identifié l’importance stratégique de la filière - à l’image de la vallée de la Bresle comme berceau de la parfumerie mondiale - dans les plans France Relance et France 2030. Roland Marion (Ademe) d’assurer que les différentes aides étaient accessibles aux très petites entreprises (TPE) comme aux grands groupes grâce au guichet unique tandis que Sophie Génier (Citeo) donnait un aperçu vertigineux de l’étendu des actions menées par la société agréée pour la valorisation des emballages et papiers ménagers au titre de la responsabilité élargie des producteurs (REP). Tout comme Arnaud Rolland, Brice André, Carol Poltorak, Pierre Georgeault et Michel Fontaine, Fausto Rotelli (Ania) a pointé qu’il ne fallait jamais oublier les réactions du consommateur... à l’échelle de l’Union européenne. Et le représentant de Ferrero sait de quoi il parle… Conclusion en forme d’une pirouette de Jean-Marc Vittori (Les Echos), journaliste en charge de l’animation du colloque, à prendre néanmoins au sérieux en période d’élection présidentielle : riche en injonctions contradictoires, la transition écologique passe-t-elle par la planification ? Vous avez quatre heures…

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