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L’impression 3D gagne en notoriété

mardi 20 avril 2021, par Fanny Perrin d’Arloz

Dans un contexte d’épidémie, l’impression 3D a marqué des points en facilitant notamment la continuité des activités industrielles. Zoom sur les résultats de l’Indice de confiance 2021 récemment publié par Ultimaker.

« La pandémie a poussé les ingénieurs inventifs du monde entier à utiliser la fabrication additive de manière inattendue et novatrice pour assurer la continuité des activités », analyse Jürgen von Hollen, Pdg d’Ultimaker. Le spécialiste de l’impression 3D a publié en avril son Indice annuel de confiance pour l’impression 3D, une étude conduite dans 12 pays* en décembre 2020 par le cabinet Savanta auprès de 2 525 professionnels. Celle-ci démontre que la sensibilisation à l’impression 3D a progressé globalement de 71 % par rapport à 2019, de 67 % en France. « Le niveau d’adoption en France est l’un des plus élevés au monde. C’est déjà un marché très mature », ajoute Rohit Jhamb, directeur de la recherche et de l’analyse chez Ultimaker.

A l’heure actuelle, une entreprise interrogée sur trois emploie l’impression 3D. 55 % des utilisatrices y ont recours pour produire des pièces à usage final, près des trois quarts pour produire des outils, optimiser l’organisation des ateliers et rationaliser la logistique. « Le prototypage a baissé de 8% mais reste l’utilisation la plus courante », rapporte Rohit Jhamb. Sans surprise, ce sont les plastiques et les polymères qui sont le plus utilisés en impression 3D (82 % en France) selon la même étude, suivis par le métal et les composites (24 % en France). « Les plastiques sont les plus faciles à imprimer et à faire fondre. Ce sont les matériaux les mieux adaptés au prototypage et ils peuvent couvrir la plupart des applications », met en avant Rohit Jhamb.

S’adapter rapidement

La flexibilité que confère la fabrication additive est l’une des raisons de sa progression. Elle sert l’innovation et l’efficacité, offrant un outil pour expérimenter, concevoir, intégrer et itérer des solutions pragmatiques dans un laps de temps très court d’après Rohit Jhamb. « Lorsqu’une entreprise qui conditionne habituellement des bouteilles de shampoing souhaite passer au conditionnement de bouteilles contenant des vaccins, il lui suffit d’imprimer en 3D une simple pince qui peut être rapidement produite localement, garantissant des changements très rapides dans la chaîne de production ».

Cette technologie a aussi été d’un grand secours dans l’impression de pièces de rechange critiques pour les lignes de production, lorsque les chaînes d’approvisionnement mondiales ont été affectées. « Les entreprises ont pu imprimer des pièces de rechange à la demande, minimisant ainsi les temps d’arrêt et les stocks, tout en assurant la continuité des activités », illustre Rohit Jhamb.

Autres usages remarqués : l’impression d’outils, de gabarits et de montages rapides, réduisant les dommages et accroissant la sécurité et/ou améliorant l’efficacité opérationnelle dans un environnement de production. Point de vue coûts, la fabrication additive se veut également compétitive. En attestent les doigts de préhension en aluminium d’Azoth utilisés sur le bras d’un robot qui ont été imaginés en polymère « pour une fraction du coût de la pièce d’origine, avec des goujons trempés supplémentaires et remplaçables », donne en exemple Rohit Jhamb. Pour autant, et malgré ses atouts, l’impression 3D n’est pleinement intégrée que dans une entreprise sur dix nous apprend l’étude. Si elle affiche une maturité d’adoption en hausse, des améliorations doivent encore être opérées pour l’industrialiser davantage.

Des connaissances à affûter

Les connaissances à acquérir demeurent ainsi l’une des barrières à l’usage. Encore 39 % des professionnels interrogés (avec une augmentation de 3 % depuis 2019) considèrent qu’il existe un manque de compétences nécessaires pour utiliser au mieux cette technologie de pointe. Autres obstacles à son déploiement en atelier : les capacités opérationnelles (67 %), c’est-à-dire la rapidité d’impression, l’intégration avec les outils et logiciels existants et la fiabilité de l’impression, et l’élaboration d’un dossier commercial solide (40 %).

« Les clients ont besoin d’une solution qui puisse s’intégrer totalement dans leur flux de travail professionnel ; les ingénieurs ont besoin d’aide pour élaborer une analyse de rentabilité afin de pouvoir la présenter à leur direction », concède Rohit Jhamb. Au niveau de l’investissement machines à prévoir, tout dépend du niveau d’expertise et des besoins à satisfaire. « Compter moins de 400 euros pour une imprimante de bureau, entre 6500 et 8500 euros pour un modèle professionnel, 40-50 K euros pour un besoin industriel de niveau 1, au-delà de 85 K euros pour un objectif industriel de niveau 2 », détaille Rohit Jhamb.

Dans les années à venir, le recours à la fabrication additive pourrait être largement accentué, 54 % des répondants déclarant qu’elle devrait être une priorité et 49 % qu’elle deviendra essentielle. « Au niveau global, 60 % des participants pensent que l’impression 3D sera généralisée dans les cinq prochaines années, les aidant à rendre les ateliers plus flexibles et robustes », résume Rohit Jhamb. A moins que cet engouement certain ne soit quelque peu freiné ou retardé par les effets de la conjoncture sur les capacités d’investissement et les chaînes d’approvisionnement.

* les États-Unis, la France, le Mexique, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie, les Pays-Bas, la Chine, le Japon, la Corée du Sud et l’Australie.

Crédit photo : Ultimaker

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