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Leygatech rebondit avec l’économie circulaire

vendredi 26 février 2021, par Henri Saporta

Les hausses très brutales des matières premières favorisent l’intégration de plastiques recyclés.

Pour Thierry Bonnefoy, peu de chance que le bilan de 2021 ressemble à celui de 2020, un bon millésime durant lequel « les planètes étaient alignées avec des matières premières stables et une demande très soutenue ». Emballages Magazine en a fait état à plusieurs reprises, les hausses spectaculaires de tous les plastiques devraient changer la donne, au moins jusqu’à la fin du premier semestre. « Avis de tempête sur la plasturgie » : tel est le message. « Depuis le mois de décembre, nous faisons face à des progressions très brutales sur une période très courte. Une augmentation de plus de 600 euros la tonne en trois mois de polyéthylène (PE), c’est très rare. Du jamais vu sans doute ! Nous pourrions battre tous les records de 2015 avec un indice du Platt’s à 1800 », anticipe le patron de Leygatech.

Implanté à Saint Romain Lachalm (Haute-Loire), le berceau français du film en PE, Leygatech prend ces hausses de plein fouet. Contrairement au polypropylène (PP) où ruptures et forces majeures menacent désormais la production d’emballages et de masques, notamment dans le cadre de la lutte contre la pandémie, « nous n’avons pas, dans l’immédiat, de problèmes de pénuries mais des tensions sur les approvisionnements. Mais nos trésoreries sont mises à mal avec des marges négatives. L’effet de ciseaux se fait déjà sentir. Difficile de répercuter les hausses dans le contexte de crise actuel. Et quand nous les passons, c’est avec au moins un mois de décalage », indique Thierry Bonnefoy.

Contact alimentaire

Les crises agissant parfois comme des accélérateurs de mutations, Leygatech joue plus que jamais la carte de l’économie circulaire avec une recherche et développement (R&D) pilotée par Jean-Matthieu Brouillat. « La bonne nouvelle, c’est que les matières issues du recyclage redeviennent très compétitives. Nous poussons nos clients à adopter des films soufflés avec des polymères issus du recyclage chimique aptes au contact alimentaire. Nous avons également des développements prometteurs avec du recyclage mécanique, mais pas dans l’alimentaire. C’est un objectif majeur pour 2021 », appuie Thierry Bonnefoy.

Le jeu des bonus et des malus inscrit dans le nouveau barème de Citeo, l’organisme agréé pour la valorisation des emballages et des papiers au titre de la responsabilité élargie des producteurs (REP), va dans « le bons sens ». L’avenir du polyéthylène ? « Monomatériau, tri, collecte et recyclage ».

Solides atouts

Plasturgiste dans l’âme, l’entrepreneur passionné se dit toutefois « consterné » par « les prises de position parfois caricaturales » sur le plastique : « nous avons de solides atouts face au papier, au carton et au verre en termes de performance et de légèreté. Je veux le dire et le redire », s’agace le patron de Leygatch qui se dit parfois que « la société marche sur la tête ». En 2020, Leygatech a réalisé un chiffre d’affaires de 73 millions d’euros contre 65 en 2019.

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