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Polyoléfines : pas d’accalmie en vue

vendredi 19 mars 2021, par Fabian Tubiana

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Les prix des polyéthylènes et polypropylènes connaissent des hausses continues.

Alors que mars s’annonce comme le cinquième mois de hausse consécutive pour le polyéthylène (PE) et le polypropylène (PP), certains fournisseurs déclarent des hausses à trois chiffres, déplore-t-on chez Polyvia.

En cause, bien-sûr, la multiplication des cas de Force majeure qui plonge les transformateurs hexagonaux et européens dans la tourmente et que nombre d’entre-eux considèrent pour le moins troublante.

« La multiplication des arrêts de production de polyéthylène en Europe a en effet engendré de fortes hausses de prix, et ce pour l’ensemble des grades. Les prix des polyéthylènes films ont par exemple pu augmenter de plus de 200 euros/tonne. Du jamais vu pour les plasturgistes, d’autant plus lorsque l’on s’aperçoit que le niveau de la demande des marchés en aval de la chaîne de valeur de la filière est normal. Les marchés de l’emballage ou encore de la construction ne commandent pas plus de polyoléfines que d’ordinaire pour cette période de l’année. Ces augmentations de prix intenables pour les industriels sont donc bel et bien le fruit des pénuries », constate-t-on chez Polyvia.

PEBD et PEBD-L sont les polyéthylènes qui ont connu la plus forte augmentation. Certains grades de PEBD ont vu leur prix grimper de plus de 800 euros la tonne au cours des 4 derniers mois, alors même que les commandes ne sont pas forcément assurées dans leur intégralité...

Les polypropylène sont aussi très touchés. « Les grades PP films ont ainsi pu enregistrer des augmentations de prix supérieures à 200 euros/tonne en fonction des applications, alors que les grades pour l’injection ont vu leur prix augmenter de 150 à 190 euros/tonne en fonction des spécificités des matériaux », déplore-t-on au sein de l’organisation professionnelle.

Et l’approche de cycles de maintenances du printemps risque encore d’envenimer la situation au cours des prochaines semaines ! « Pour le PP, qui est un matériaux très utilisé dans le domaine de la santé ou de l’emballage alimentaire, on a quand même une capacité de production au niveau européen qui est à peine de 70 % de la capacité nominale. Quand 30 % de la capacité est sous force majeure, cela crée forcément des tensions importantes. Ce sont souvent les PME/TPE qui sont les premières victimes de ces situations, car elles n’ont pas forcément un rapport de force suffisamment équilibré avec les fournisseurs », expliquait Jean Martin, le directeur général de Polyvia, à l’occasion d’une visioconférence organisée la semaine passée.

Au cours des trois derniers mois, cette pénurie a généré, selon les matériaux, des hausses de 30 à 100 %. Ce qui dépasse largement celles de la précédente crise de 2015, où, en outre, seules, les résines de commodité étaient touchées. Il n’existe malheureusement pas de remède miracle face à ces spasmes du marché. A long terme, un dialogue entre tous les acteurs de la chaîne de valeur ne serait pas du luxe…

Polyvia conseille aux TPE/PME touchées de se tourner vers les médiateurs régionaux des entreprises, rappelle l’existence de son « Kit Force majeure » récemment mis à jour et, à l’instar de Bercy, demande aux donneurs d’ordres de se montrer compréhensifs. Un travail, long et coûteux notamment dans le domaine médical, de certification de nouveaux matériaux et de diversification du sourcing sur au moins deux continents fait également partie des solutions à engager.

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