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Top 500 : des stratégies de rebond

jeudi 10 décembre 2020, par Fabian Tubiana

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Frappés par la crise, les transformateurs se réinventent tout en devant mener de front les transitions écologiques et numériques. Retrouvez notre classement annuel Top 500 dans notre mensuel de décembre.

« L’incertitude aux manettes ». C’était le titre de notre classement des transformateurs ou Top 500 de l’an dernier. Il aurait pu être repris tel quel cette année tant ces incertitudes sont aujourd’hui multiples. Hier, les transitions écologiques et numériques teintées d’un climat antiplastique persistant étaient les éléments générant de l’incertitude.

Aujourd’hui, si ces préoccupations restent d’actualité avec notamment la loi Climat en préparation, c’est l’ensemble du tissu économique et industriel mondial qui est victime d’une pandémie aux effets dévastateurs. Et donc tous les secteurs clients de la plasturgie.

En 2019, l’heure était à la stabilité par rapport à 2018. Les 500 entreprises répertoriées dans notre mensuel de décembre ont réalisé un chiffre d’affaires cumulé de 26,2 milliards d’euros, contre 25,6 lors de l’exercice précédent. Le calme avant la tempête : depuis mars et le premier confinement, ce sont quasiment tous les secteurs industriels utilisant plastiques et composites qui sont touchés.

Et de façon bien plus profonde qu’à la suite de la crise financière de 2008/2009. « La crise sanitaire a eu une très très forte influence sur la profession. Il est toujours possible de trouver des exemples d’entreprises qui se portent bien grâce au Covid-19, mais au global on assiste à une très forte diminution de l’activité dans l’ensemble de la branche. Avec bien-sûr des impacts sur l’évolution des effectifs et un volume relativement significatif de licenciements qui se sont fait ou qui vont se faire… Il faut être réaliste. », prévenait ainsi Jean Martin, délégué général de la Fédération de la plasturgie et des composites lors de l’allocution d’ouverture de la Conférence Plasturgie 2020.

Ainsi, selon une enquête menée auprès des adhérents de la Fédération, 83 % des entreprises du secteur aéronautique connaissent des pertes. « C’est encore plus fort dans l’automobile et également très vrai dans le domaine de la cosmétique. Le BTP et l’agroalimentaire sont des secteurs où l’impact est moins prononcé », complète Jean Martin.

Des gagnants et des perdants

L’année écoulée fut aussi mouvementée dans l’emballage, débouché hexagonal principal de la plasturgie, en volume. Avec également des gagnants et des perdants. Selon une enquête réalisée par Elipso, 57 % des ses adhérents, c’est à dire des entreprises de l’emballage plastique, ont connu une baisse de leur chiffre d’affaires entre 2019 et 2020. « Certains secteurs connaissent néanmoins des hausse de l’ordre de 10 %, mais les baisses peuvent aller jusqu’à – 20 %. L’hygiène et l’entretien sont en hausse, l’alimentaire et la santé résistent plutôt bien, tandis que les secteurs de la restauration à domicile ou de la cosmétique chutent », observe Christophe Rossé, président de la commission des Affaires économiques d’Elipso et directeur Lignes de produits chez Klöckner Pentaplast.

Si malgré tout, « la transition vers une économie circulaire » demeure « l’horizon stratégique de la filière », le court terme est néanmoins paradoxal. La faiblesse des cours du pétrole rend les matières vierges extrêmement compétitives tandis que les coûts de production des plastiques recyclés restent très élevés en raison des investissements à consentir. « L’incorporation de matières premières recyclées constitue une attente majeure pour nos adhérents, assure Serge Vassal, vice-président d’Elipso représentant l’industrie du film et président du groupe Barbier, mais difficile de se projeter dans ce contexte alors que c’est justement le rôle d’un chef d’entreprise ! ».

Le plan de relance apparaît dés lors comme une opportunités à saisir. Ainsi, 88 % des dirigeants interrogés lui réservent « un accueil favorable ». Mais, dans ce qui ressemble parfois à une course d’obstacles, encore faut-il pouvoir accéder aux dispositifs mis en place ! « Faire jouer les aides à l’échelon local, et donc principalement les CCI et Bpifrance, est souvent la méthode la plus efficace », conseille Emmanuel Guichard, délégué général d’Elipso. Un premier pas en attendant qu’enfin se dissipe ce brouillard d’incertitude qui plane sur les marchés.

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