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Uzaje lave plus grand

mercredi 9 décembre 2020, par Fabian Tubiana

Le spécialiste des solutions logistiques et industrielles pour le réemploi des emballages alimentaires ouvre un centre de lavage en Île-de-France. Il en appelle aux plasturgistes hexagonaux pour élargir l’offre en contenants plastique adaptés.

« Élargissez votre offre en contenants plastique destinés au réemploi ! » C’est l’appel que lance Emmanuel Auberger, président et cofondateur d’Uzaje, à tous les transformateurs et plasturgistes de l’Hexagone. La jeune entreprise de l’économie sociale et solidaire (ESS) a fait de la réduction de l’usage unique dans l’emballage alimentaire son cheval de bataille. « De la boîte à sushis à emporter au seau de yaourt pour la restauration collective, il faut clairement que les industriels développent de nouvelles solutions de réemploi plus abouties.

La taille n’est pas toujours adaptée, on trouve très peu d’emballages encastrables les uns dans les autres… Ceux qui sont aujourd’hui sur le marché n’ont pas souvent été pensés dés le départ dans une optique de réemploi », regrette Emmanuel Auberger, qui souhaite offrir aux industriels intéressés des tests grandeur nature de lavage industriel de leurs emballages.

Appel aux plasturgistes

Après avoir ouvert plusieurs centres expérimentaux depuis sa création en 2019, Uzaje met en effet en service son premier centre de lavage à Neuilly-sur-Marne, en Seine-Saint-Denis. Il devrait être officiellement inauguré en janvier 2021. Soutenue dans ses activités par l’Ademe, Citeo et Bpifrance, l’entreprise a reçu pour cette opération le concours d’investisseurs privés, de la région Île-de-France, de la Caisse d’Épargne et de Paris initiative entreprise. Ce premier centre Uzaje dispose d’une capacité de lavage de 40 millions de contenants par an, évitant ainsi, selon l’entreprise, 3 300 tonnes de déchets ainsi que 900 000 euros de coûts liés à leur gestion. L’investissement de 1 million d’euros doit s’accompagner de la création de plus de 40 emplois. L’objectif d’Uzaje est de mailler le territoire français de tels centres d’ici à 2022.

Mais le lavage industriel est encore minoritaire dans le business model de la jeune pousse. L’essentiel de son activité consiste aujourd’hui à conseiller les entreprises des secteurs de la restauration collective et commerciale et de la distribution alimentaire dans la mise en place de systèmes industriels de réemploi et de logistique. Choix des contenants, logistique, sensibilisation des consommateurs pour la collecte retour des emballages, et mise en place de systèmes de déconsignation sont les quatre piliers de cette activité de conseil.

À chaque matériau ses limites

Cofondateur avec deux autres associés d’Uzaje, Emmanuel Auberger fut Pdg de Verallia France jusqu’en août 2018. Il ne jure cependant pas uniquement par le verre. « La plupart de nos expérimentations ont été menées avec des emballages en verre. Ils sont déjà conçus pour être réemployés et le verre est facile à laver. Mais nous nous rendons en même temps compte des limites de ce matériau, son poids principalement. L’inox est également aisément lavable mais est cher et pas transparent…  ». L’homme ne souhaite pas verser dans le jusqu’au-boutisme. « L’objectif de suppression des emballages plastique à usage unique me paraît inaccessible, ne serait-ce que pour le bouchage. Supprimer le plastique pour certains usages serait en outre une erreur d’un point de vue écologique. Vendre des endives en vrac engendre par exemple énormément de gaspillage alimentaire… », développe ainsi le dirigeant.

Soutenue par l’Ademe et Citeo, l’entreprise mène d’ailleurs un projet de recherche en lien avec les acteurs du portage à domicile, alors que la loi Agec sur l’économie circulaire interdit en janvier 2022 l’usage unique pour cette activité où dominent aujourd’hui les barquette à usage unique thermoformées et thermoscellées. Objectif  : développer avec l’appui d’industriels spécialisés des contenants plastique réemployables adaptés.

Emmanuel Auberger souhaite donc, pour ses deux activités, « accélérer dans le plastique ». « Nous avons récemment rencontré des transformateurs, un allemand et un français. Nous restons ouverts à l’opportunité d’en rencontrer d’autres », ajoute-t-il regrettant l’absence, pour le moment, de prise de contact de la part de grands groupes de plasturgie.

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